Il y a quelques mois j'ai vu un reportage sur la violence chez les chimpanzé et là aussi la vision d'une espèce relativement pacifiste à pris pas mal de plomb dans l'aile. Un chercheurs munit d'une caméra qui a suivit pendant plusieurs mois un groupe de chimpanzés fut témoin d'une scène peu commune.
À un moment de la journée tout les mâles d'un groupe se sont rassemblé et ont commencé à s'épouiller les uns les autres en laissant de côté toute la hiérarchie définit auparavant. La séances dure un certain temps puis les mâles se mettent en marche les uns derrière les autres en direction d'un groupe rivale. En arrivant à proximité de celui-ci les chimpanzés prennent soin de ne pas faire de bruit en s'arrêtant presque à chaque pas. Une fois dans le territoire du groupe voisin, le "commando" (jusqu'à une vingtaine d'individus) se met à la recherche d'un chimpanzé isolé. Si par exemple ils se retrouvent face à un autre groupe de chimpanzé en nombre équivalant alors il n'y aura rien d'autre que des cris strident et des branches arrachés pour se jauger puis chacun retournera d'où il vient. Mais le commando partis en chasse parvient à trouver un jeune mâle et l'encercle rapidement. Il est roué de coup en faisant preuve d'une haine et d'une violence extrême rarement observé chez cet animal. Le raid se termine avec la mort du primate.
« En août 1998, en Ouganda, Martin Müller, primatologue de l'Université du Michigan a assisté à une étrange scène. Dans la forêt où il faisait ses recherches, il fut le spectateur du lynchage par dix chimpanzés mâles de l'un des leurs. Le spectacle était assez édifiant : plusieurs chimpanzés avaient maintenu la victime pendant que les autres le battaient à mort, lui faisant exploser la cage thoracique et lui arrachant les testicules. Fort de cette expérience en milieu naturel, il étudia le comportement des chimpanzés en captivité. Dans les deux cas, ce sont presque exclusivement les mâles qui commettent des actes de violence sur leurs congénères, mâles ou femelles. Si on les compare avec les statistiques criminologiques britanniques qui démontrent qu'un homme a 24 fois plus de chances qu'une femme de commettre un acte de violence envers autrui (chiffre qui monte à 263 dans les cas de violences sexuelles), les observations du Dr Müller prouvent l'urgence qu'il y a à étudier l'envers génétique du décor masculin en vue de décrypter l'origine des comportements violents. »
De toutes les espèces sociales connu, le chimpanzé et l'homme sont les seuls à avoir ce comportement extrêmement violent. J'ai envisagé des réponses mais je dois avouer qu'en voyant ces raids je me suis plus posé de questions qu'autre chose.
La hiérarchie n'est pas établie de la même façon chez toutes les tribus de primates. En générale la supériorité physique met tout le monde d'accord, c'est le mâle ou la femelle dominante qui fait pression sur le groupe pour s'assurer de leur soumission. Mais dans certains cas, et particulièrement chez les bonobos, on a à faire à un système très différent, basé non plus sur la domination par la violence mais sur la coopération mutuelle et le matriarcat.
Lorsque deux groupes de bonobos se rencontrent les mâles réagissent un peu comme les chimpanzés, en faisant des
démonstrations de force, en arrachant des branches et en poussant des cris. Ils se campent de chaque côté de
la ligne de démarcation.
Les femelles réagissent de façon différente : elles se rassemblent. Les femelles se mélangent, elles s'épouillent
et mangent ensemble. Les mâles finissent d'ailleurs par se calmer. Dans les cas extrêmes, deux groupes ne se
connaissant pas peuvent se mélanger et rester ensemble pendant une ou deux semaines.
Ce comportement étonnât les chercheurs qui ont commencé à étudier les bonobos seulement dans les années 70 (le chimpanzé "monopolisait" les recherches jusqu'à cette époque). Occupant surtout ce qui était le Zaïre, les bonobos furent difficile à étudier tant les nombreux conflits dans cette région ont eu un impact important sur leur mode de vie. Beaucoup moururent de la chasse dont ils étaient victimes dans les temps de pénuries, malheureusement aujourd'hui encore leur viande est très recherchée...
Cela est d'autant plus affligeant que l'étude des bonobos peut nous en apprendre bien plus sur les côtés positif de l'espèce humaine.
Extrait d'un docu de france 5 :
Notre côté guerrier et quête de territoire s'apparente de toutes évidences à celui des chimpanzés
mais ce n'est qu'une fraction de nos activités. Nous faisons du commerce, nous pratiquons l'exogamie, nous permettons
aux autres de traverser nos territoires... , le pourcentage de coopération est énorme. Chez les chasseurs-cueilleurs
les activités paisible représentent 90% de leur temps, la guerre n'occupe qu'une infime partie.
Or les chimpanzés ne peuvent rien nous apprendre sur les relations cordiales car les groupes de chimpanzés passent
leur temps à s'agresser à divers degrés. En revanche les bonobos nous en disent davantage sur la possibilité
d'entretenir des relations cordiales.
Dans les sociétés bonobos se sont les femelles qui font la lois. La cueillette de la nourriture est pratiquée par tous mais se sont les femelles qui mangent les premières et qui décident de la répartition des biens. Les mâles chimpanzés ne tolèreraient jamais ça, mais les mâles bonobos attendent sagement leur tour. Les femelles partagent souvent les aliments entre elles, un comportement cruciale pour raffermir la solidarité féminine.
Lorsque les mâles commencent à s'échauffer pour divers raisons, les femelles opposent un front unis pour tempérer leurs ardeurs. Bien que les mâles soient plus fort que les femelles, leurs actes brutaux ne vont pas plus loin que des démonstrations de force sur des arbustes et des arbres, démonstrations bien souvent ignorés d'ailleurs. La faiblesse des mâles bonobos est aussi dû au fait que contrairement aux mâles chimpanzés ils ne forment pas de coalitions entre eux, or la suprématie des mâles chimpanzés est basée sur de puissantes alliances. En outre les mâles bonobos restent avec leur mère toute leur vie. Et quand leur mère meurt ils dégringolent dans la hiérarchie sociale.
Dans la compassion, autant envers leur congénères que les autres espèces animales, les bonobos sont aussi remarquable. Les jeunes orphelins sont acceptés, ce qui n'est pas le cas dans les sociétés de chimpanzé. Si un jeune se fait mordre, ces compagnons (de son âge ou plus vieux) viennent lui prodiguer des soins. Ils font preuve d'une grande empathie qui n'a rien à envier aux humains.
Nombre de peuples premiers vivant encore comme au temps du paléolithique s'organisent selon un système matriarcale. Les chercheurs avancent que chez les premiers Homo Sapiens, comme les bonobos, il est fort probable que ce fut tout d'abord les femmes (chamanes et guérisseuses surtout) qui dirigaient et guidaient le groupe. Les premières représentation humaines étaient d'ailleurs surtout féminines (vulves et profils fessiers peint ou creusé sur les parroies des grottes, statuettes "Venus",...).
Le retour du patriarcat fut propulsé surtout à partir de la révolution néolithique. C'est à cette époque que quelques
groupes humains ont commencé à ne plus respecter la Terre (déforestation importante, agriculture et désertification, élevage, etc.),
ce qui l'amena à ne plus respecter ces semblables. Ils se sentirent fort et conquérant, les Hommes allaient enfin commencer
à vraiment dominer leur environnement et à ne plus subir les cycles naturelles. Flore, faune, bientôt astres et saisons
eux-mêmes seront mis au service de la survie humaine selon une action toujours plus conquérante, poussée par un besoin
démiurgique - concurrencer les dieux.
Ce fut alors le temps des premiers "dieux". Des dieux pour la première fois humanisés et surtout masculanisés, une façon de
légitimer une organisation sociale basé sur la soumission à l'autorité patriarcale, le côté très autoritaire (type chimpanzé).
On assite au glissage d'une interprétation qualifiée de mystique mais qui dans de nombreux cas s'avèrent très pertinentes (rapports homme/univers) vers une utilisation de la spiritualité comme ciment et légitimité à une hiérarchie sociale de domination et d'exploitation des masses populaires à travers l'histoire via la mutation de la spiritualité "émancipatrice" (à l'écoute de nous-même et de notre "univers") et ce glissage s'opérant dans ce que l'on nomme la période axiale à la fin du néolithique, au moment du developpement de sociétés réellement complexes qui ont amené la création de la règle, de la norme, de la loi, règles qui ont fusionné avec le mystique pour devenir sacré et s'attribuer une légitmité intemporelle (Le Roi est Dieu, ou son représentant... etc.). Il faut donc parler de l'aspect socialisateur des religions, et le conformisme qu'il inculque aux individus.
L'agriculture et l'élevage, le conformisme et le patriarcat, toutes ces évolutions survenus en seulement quelques siècles ou millénaire ont profondément changées les rapports sociaux des Sapiens. Finalement la dynamique de hiérarchie ne change pas qu'avec le temps mais aussi selon les cultures, l'orientation spirituelle, les moyens techniques employés pour survivre et l'histoire de chaque tribus.Navigation :
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