Homo Sapiens et son milieu


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Quels rapports Homo Sapiens entretient-il avec son milieu ? Ont-ils toujours été ce qu'ils sont aujourd'hui ? Quand sont apparues les premières formes d'écologies chez nos lointains ancêtres ? Autant de questions de premier plan dont les réponses vont nous permettrent d'orienter notre approche de façon plus globale afin de mieux cerner l'origine des problèmes environnementaux actuels.

1- De chassé l'Homme devient chasseur
2- La révolution néolithique
3- À l'encontre de l'intérêt générale

De chassé l'Homme devient chasseur

Le passage de la proie au superprédateur

La peur des "monstres" est profondément encrée en nous, elle vient de ces temps reculés où nos ancêtres vulnérables encore vivaient dans la menace permanente des grands prédateurs. C'est en Afrique, berceau de l'humanité, que nous ai venue cette peur ancestrale, une peur présente à chaque instant et qui façonna l'esprit de tous les hominidés.

Au fil des millions d'années le cerveau des hominidés s'affine et se spécialise. Chez certaines espèces l'apparition d'un langage de plus en plus subtile permet d'accélérer la transmission de l'information qui elle-même amène à un développement cérébrale plus important. Ainsi plusieurs espèces d'hominidés vont fabriquer des outils, les améliorer, et parfois apprendre à maîtriser le feu et à employer cet éventail de découvertes à leur avantage.
De toute la famille des hominidés le genre Homo est celui qui semble avoir le mieux réussi. Homo Sapiens, qui en est le dernier représentans, évoluera rapidement. Peu à peu les frêles créatures qu'étaient nos lointains ancêtres font pencher la balance en leur faveur. De chassé l'Homme devient chasseur.

Certes l'Homme évolue et se différencie peu à peu des espèces animales : sa morphologie se transforme, son cerveau surtout augmente. Mais la pression qu’il exerce sur la nature est modeste. L'Homme s'en tient à une simple exploitation des ressources naturelles, exploitation qui se traduit par des prélèvements de fruits ou par la destruction par la chasse d'animaux sauvages. Mais à aucun moment l'Homme ne fait peser de menaces sur la capacité des milieux naturels à renouveler leurs ressources. Sa croissance démographique reste contenue du fait de la dureté des conditions d’existence. Les populations humaines s’autorégulent comme c’est le cas pour tous les grands prédateurs. L’Homme demeure ainsi une composante parmi les autres de l'écosystème terrestre.

La maîtrise du feu

Scientifiquement prouvé, la maîtrise du feu est relativement récente (-400 000 à -500 000 ans). D'autres découvertes pourront peut-être, dans le futur, faire reculer cette date. Ceci explique que seul un petit nombre de nos ancêtres soit reconnu comme ayant domestiqué le feu : Homo erectus, Homo erectus Tautavel, Homo florensiensis, Homo sapiens, Homo sapiens Cro-magnon et Homo Neanderthalensis.

La domestication du feu, et surtout sa reproduction, a nécessité un long apprentissage. Ce nouvel outils, par son apport de chaleur et de sécurité, accélérera encore la migration et l'adaptation d'Homo Sapiens qui va bousculer puis surpasser toutes les autres espèces du genre Homo, celles-ci s'éteignant au fur et à mesure de la progression de Sapiens sur leur territoire (génocides ? maladies ?...).

La maîtrise du feu est la première grande acquisition technologique de l’espèce humaine. Elle s’accompagne d’un développement culturel, du perfectionnement des armes avec la prédominance des bifaces. Ces évolutions caractérisent la civilisation acheuléenne développée par Homo erectus (cf. le plus vieux site européen, celui de Tautavel dans le Roussillon occupé il y a 450 000 ans). L’emprise de l’Homme sur les milieux va ainsi s’accentuer très sensiblement à partir de cette époque.

On a des preuves que l’Homme a dégradé de façon irréversible des espaces forestiers africains et d’Europe Centrale. En éliminant la forêt l’Homme a favorisé la croissance des graminées et ainsi le développement des populations d’ongulés, son gibier favori. En Amérique du Nord les incendies ont permis l’augmentation des populations de bisons. En Australie, en terre d’Arnhem, les aborigènes ont procédé de la même façon pour augmenter le nombre de kangourous, base de leur alimentation carnée. Mais l’Homme du Paléolithique a aussi contribué à la disparition d’espèces animales. Selon Ramade (1995), on possède les preuves paléontologiques de l’extermination par l’Homme de plusieurs espèces :
- il y a environ 50 000 ans, plus de la moitié des grands mammifères d’Afrique tropicale aurait disparu ainsi ;
- au Maghreb il y a 12 000 ans, 60% des mammifères ont été exterminés ;
- les paléo-indiens auraient éliminés le bison antique (Bison antiquus).

Roberts (1998) estime que se sont les plus grands mammifères qui ont été les plus affectés par la pression de la chasse et spécialement à la fin du Paléolithique supérieur. A cette époque, dans le monde eurasien, nombre d’espèces ont eu beaucoup de mal à s’adapter aux changements climatiques rapides. L’Homme a profité de cette fragilisation de certaines populations animales : les mammouths ont ainsi été exterminés. De grands prédateurs, les tigres aux dents de sabre ont de ce fait vu la nourriture disponible diminuer et ont à leur tour disparu.

Ainsi à partir du moment où il maîtrise le feu, l’Homme du Paléolithique ne peut plus être considéré comme une simple composante de l’écosystème terrestre. Ce concept a en effet une connotation fondamentalement naturaliste qui ne tient pas compte de l’énorme emprise de l’Homme sur les milieux physiques.

Colonisation du monde et extinctions de masses

Ayant acquis un nouveau savoir et de nouveaux outils perfectionnés nos ancêtres partent à la conquète du monde. Mais les chasseurs-cueilleurs de la préhistoire n'ont rien à voir avec le « bon sauvage » que présente Rousseau. Lorsque Homo Sapiens débarque sur de nouveaux continents il laisse des traces indélébiles sur la faune et la flore locale. Quelques soit les groupes humaines on assiste à des scénarios très proche qui se répètent sans cesse :

- Chasse intensive de la mégafaune (mammouths, paresseux géants, oiseaux géants, lézards géants,...) par peur ou par nécessité. Cette chasse s'accompagne souvent d'une dégradation de l'écosystème locale suite à l'utilisation importante du feu. Ainsi de nombreuses forêts disparaissent.
- Conflit avec les autres espèces d'homininés présentes et/ou introduction de nouvelles maladies ce qui provoque systématiquement leur extinction.
- Introduction de nouvelles espèces végétales et animales dans des milieux fragiles qui en ressortent parfois complètement ravagés.

Nos ancêtres n'étaient pas tant différent de nous, ils cherchaient avant tout à adapter leur environnement à eux ou tout du moins à se faciliter la vie plutôt que de se fondre dans le milieu pour y vivre en symbiose. Effectivement, ce n'était pas évident de vivre près d'animaux géants, parfois menaçant, ni même de côtoyer des tigres à dents de sabres... Il faudra attendre que les peuples premiers déciment ces espèces et se rendent compte de leur massacres pour que ce comportement puisse évoluer.

La révolution néolithique

Voir aussi : Le passage de la prédation à la production

Agriculture : épuisement des sols, désertification et sélection non naturelle

La grande rupture dans l'histoire de l'Humanité se situe au IXème millénaire avant J.C. lorsque l'Homme entreprend par le biais de l'agriculture l'exploitation systématique des milieux physiques. Mais le Néolithique est aussi une période de transformation de l’habitat, de l’armement, de l’organisation sociale, des schémas de pensée. Des spécialistes comme Cauvin (1994) mettent en avant l’évolution du psychisme humain bien marqué par l’apparition du sentiment religieux (statuettes du taureau et de la femme représentant la fécondité).

D’une manière générale, la néolithisation marque l'avènement d'un système productif qui va amener des bouleversements considérables du point de vue des rapports Homme/milieu. C'est pourquoi on parle généralement de révolution Néolithique.
L'Homme commença à exploiter la nature non plus de façon destructrice mais en tenant compte des cycles de reproduction des espèces de façon à les adapter.

La néolithisation se définit fondamentalement par le passage à un genre de vie basé sur l'agriculture.
On définira l'agriculture comme l'ensemble des travaux qui modifient le milieu naturel pour produire des animaux et des végétaux utilisés par l'Homme. L'agriculture est donc à la fois une transformation du milieu et une adaptation de certaines de ses potentialités. L'agriculture est une rupture avec l'écosystème naturel. Le système de culture devient la clef de voûte du complexe écologique. Une mutation du système de culture devient une mutation écologique. Un nouveau système s'est mis en place qui est qualifié d'agrosystème.

L'agrosystème consiste aussi en un détournement de la production naturelle à des fins extérieures au fonctionnement de l'écosystème car les éléments chimiques prélevés dans le sol par les plantes ne sont pas rendus dans leur intégralité au sol. Et ce sera un problème de l'agriculture jusqu'aux XVIIIème ou XIXème siècles que celui de maintenir la fertilité des sols. La récolte appauvrit l'écosystème et le déséquilibre.

L'agrosystème correspond donc à la destruction des équilibres naturels et à leur remplacement par des équilibres secondaires plus instables. Les chaînes trophiques ont été bouleversées par la destruction de certaines espèces et l'introduction d'autres. Et quand l'Homme abandonne un territoire, la nature ne peut reconstruire les biocénoses originelles car les différentes composantes de l'écosystème ont été perturbées de manière irréversibles, notamment les formations superficielles, les sols, la flore, faune. Les stades post-agricoles sont de nouvelles combinaisons écologiques (ex. : maquis).
L'espace rural devient donc à la fois une réalité écologique et une création humaine.

Le développement des cultures va s’accompagner d’une sélection des espèces : espèces plus résistantes aux maladies, à la sécheresse, espèces offrant les meilleurs rendements, se conservant le mieux… Des modifications morphologiques sensibles vont peu à peu apparaître. Elles permettent d’ailleurs aux spécialistes de distinguer sur les sites archéologiques les espèces domestiquées des espèces sauvages.
Avec l'installation du climat atlantique, on assista à l'extension en Europe tempérée de la chênaie mixte, forêt de chênes, de hêtres avec tilleuls, ormes et aulnes.

L'expansion de l'élevage et des cultures nécessita des déboisements et des défrichements de grande envergure. L'espace rural est né de ces déboisements et de ces défrichements. En Bretagne de vastes destructions de la forêt par le feu sont attestées vers 4500/4000 avant JC.

Certes, tout l'espace pré-agricole n'était pas forestier. Nombre d'études montrent que l'on avait plutôt une mosaïque de milieux naturels. Mais la forêt occupait de vastes superficies et sa destruction fut nécessaire pour augmenter les troupeaux. Les plus grands massifs forestiers semblent avoir résisté jusqu'au XVIème siècle.

Les déboisements, les défrichements, le pâturage des landes, pelouses et prairies naturelles ont bouleversé la structure et la dynamique des écosystèmes : les plantes héliophiles ont remplacé les espèces sciaphytes (le chêne pédonculé remplace le chêne sessile) ; les espèces messicoles se multiplient (coquelicots, bleuets) ; les plantes rudérales bénéficient aussi de l'avancée de l'Homme (orties) ainsi que les plantes pyrophiles (bruyère arborescente, arbousier) ; les populations de petits animaux inféodés aux céréales augmentent très sensiblement (rongeurs, alouettes, charançon...).

Impact de l'élevage sur l'écosystème

La domestication a eu ou est à l'origine de plusieurs conséquences considérables pour la faune terrestre. La domestication a entraîné de fait une compétition inégale entre les espèces capables de s'adapter à des conditions de vie non naturelles et utilisées par l'Homme et les espèces incapables de se multiplier en dehors de conditions de vie naturelles ou encore ne présentant aucun intérêt pour l'Homme.

- Les espèces domestiquées : Les espèces domestiquées se sont multipliées sous la protection de l'Homme. Leur répartition géographique s'est souvent étendue à toute la planète. La domestication a particulièrement favorisé le développement de quelques espèces animales : chien, porc, cheval, âne, chèvre, boeuf. La très large répartition géographique de ces espèces est certes en partie le fait d'une répartition originelle importante – chien, cheval – mais aussi d'échanges entre sociétés humaines soit par le biais du commerce, soit par le biais de la conquête.

Cette expansion des espèces domestiques s'est souvent doublée d'une quasi disparition de l'espèce - ou des espèces - sauvages originelles qui ont servi à la domestication. Les animaux sauvages ont été peu à peu tous capturés du fait de l'augmentation des besoins, du renouvellement nécessaire des souches et de la chasse.
C'est le cas du cheval de Prjewalski, cheval des steppes eurasiennes et à l'origine de toutes les races domestiques (Equus p. prjewalskii, du nom du voyageur qui le découvrit en 1881). Aujourd'hui il n'est présent à l'état sauvage qu'à quelques dizaines d'exemplaires seulement. Il est protégé en Mongolie et en Chine où il vit sur un territoire de 20 000 km² en Dzoungarie. Toutes les espèces de chevaux connues descendent de ce cheval ; certaines sont redevenues sauvages à une époque (Tarpan) ou vivent en semi liberté (chevaux de Camargue, poneys Shetland).
On pourrait citer aussi l'exemple du chien, du chat, du cobaye et du chinchillas disparus à l'état sauvage d'Amérique du sud...

L'expansion des espèces domestiques s'est souvent accompagnée à terme d'une raréfaction, voire d'une disparition, d'espèces voisines ou de sous-espèces incapables de s'adapter à la domestication. Leur recul a été le fait de la chasse et de la raréfaction de leur biotope d'origine. Il en ainsi pour l'auroch, le chat sauvage, l'hémione...

Les espèces domestiquées ont été peu à peu sélectionnées et ce bien avant que la science ne permette les manipulations génétiques. L'Homme a en effet privilégié les sous-espèces et les variétés locales originelles les plus conformes à ses besoins alimentaires, à ses besoins de transports, à ses besoins militaires. Du fait des croisements on a assisté à la multiplication des races locales.

- Les espèces sauvages : Au fur et à mesure de la progression de l'espèce humaine, les espèces sauvages ont vu leurs biotopes se réduire avec la progression de l'espace agricole et le recul de la forêt du fait des défrichements et du pâturage. Elles se sont retranchées dans les espaces les moins humanisés.

Beaucoup d'espèces sauvages ont été évincées par le dynamisme des espèces domestiques. L'exemple le plus remarquable est celui des chèvres et des porcs qui ont causé de véritables ravages parmi la faune et la flore de certaine îles d'où ils étaient absents à l'origine.

Mais nombre d'autres espèces sauvages, ont su s'adapter à la proximité de l'Homme et ont accompagné les espèces domestiques dans leur conquête de la planète : les rongeurs notamment qui ont bénéficié de la diffusion des céréales, mais aussi certains prédateurs modestes comme le renard qui ont bénéficié de l'élimination des grands prédateurs comme le loup ou le lynx.

À l'encontre de l'intérêt générale

« Partout où s’observe la vie s’observe un principe d’organisation d’intérêt général, qui veut que chacun des éléments d’un organisme contribue à la prospérité des autres. Ainsi, les divers organes sont complémentaires et chacun bénéficie du bon fonctionnement des autres. Ce principe d’organisation s’observe également au niveau d’un biotope, où végétaux, herbivores, carnivores et charognards exercent des fonctions complémentaires.

Si les divers organes de l’organisme -voire d’une cellule de l’organisme- fonctionnaient de manière anarchique, au lieu de se compléter dans une logique d’intérêt général, cet organisme ne pourrait pas vivre. Il serait fondamentalement privé de cohésion. Le cancer est l’exemple d’une cellule qui se multiplie anarchiquement, sans se conformer à la logique de l’intérêt général. Le cancer meurt avec l’organisme qu’il détruit. En s’opposant à l’organisation d’intérêt général, il provoque son autodestruction. Ce principe d’organisation d’intérêt général est manifestement vital.

[...]

Lorsqu’un organisme cesse de s’adapter à l’évolution de la réalité de son environnement, il cesse, du même coup, de se conformer à la logique de l’intérêt général, puisque celle-ci a la faculté de s’adapter automatiquement à l’évolution de la réalité. C’est comme si les trajectoires, jusqu’alors associées, se mettaient subitement à diverger. Soudain, le comportement d’une cellule devenue cancéreuse n’obéit plus à la logique d’intérêt général qui coordonne la vie de toutes les autres cellules de l’organisme. En quelque sorte, la cellule cancéreuse a « choisi » de proliférer de manière individualiste, sans tenir compte de l’évolution de la réalité au sein de l’organisme. Et c’est là qu’on observe l’une des propriétés les plus fantastiques de la logique de l’intérêt général. »

Quand un élément cesse de s’adapter à la logique de l’intérêt général, son comportement se modifie d’une manière caractéristique et très significative. En cessant de s’adapter à l’évolution de la réalité, en ne se conformant plus à la logique de l’intérêt général, l’élément perturbateur déclenche l’apparition d’un problème - qu’on appellera le problème fondamental.

Au lieu de rester stable, ce problème fondamental se met lui-même à déclencher, automatiquement, des cascades de problèmes secondaires, qui déclenchent, à leur tour, d’autres cascades de problèmes secondaires, etc... La logique des relations de cause à effet veut que le problème fondamental, à force de multiplier les cascades de problèmes secondaires, anéantisse l’environnement dont il dépend et s’anéantisse avec lui. Mais, entre temps, le problème fondamental peut exercer des ravages considérables. » Frank Brunner,
[La logique interne de l’intérêt général]

Serait-il correcte de considérer l'humanité comme un problème fondamentale allant à l'encontre de l'intérêt générale ? Pas vraiment. N'allons tout de même pas mettre tous les humains dans le même panier, beaucoup de peuples ont su rester à l'écoute de la Terre ou tout du moins ont-ils retrouver, avec le temps, un état de symbiose avec elle. Car n'allons pas imaginer que tous ont toujours été ce qu'ils sont aujourd'hui.

Prise de conscience

Nos connaissances de la préhistoire font clairement état de destructions systématiques, volontaires ou non, lorsque les humains arrivèrent sur de nouveaux continents. Les Hommes sont l'espèce la plus versatile de toutes, au cours des âges nous n'avons cessé de réaliser d'incroyable prodige mais aussi de supprimer purement et simplement nos peurs (les animaux "géants") et les faibles (des espèces "trop" faciles à chasser). Autrement dit nous avons procédé à ce qu'il faut bien appeler des massacres, quand bien même les humains n'avaient pas vraiment conscience de ce qu'ils faisaient.

Mais alors pourquoi nos ancêtres ont-ils décidés de changer et de faire évoluer leur comportement de superprédateur ?

Je ne me permettrais pas de répondre de façon péremptoire à une telle interrogation, mais il est très probable que les premiers "écologistes" furent les chamanes, les sages, et plus généralement les vieillards au sein des tribus. Ces personnes tiennent une place centrale dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs, elles disposent d'une expérience et d'une connaissance du passé qui les a sûrement poussés à ne plus penser seulement au présent, mais à se projeter dans l'avenir.

Cette prise de conscience n'est pas forcément arrivée ainsi, encore moins partout au même moment, et n'a pas toujours durée dans le temps. Il est d'ailleurs intéressant de remarquer que c'est justement ce que l'on désigne comme étant "le progrès", à savoir l'agriculture, l'élevage et l'urbanisation qui ont ramèné les humains à un stade évolutif antérieur : le superprédateur autodestructeur.

Ce superprédateur pourrait jouer son rôle dans la chaîne alimentaire, or avec les humains ce n'est pas aussi simple. Leurs moyens de défenses et d'attaques ont rapidement évolués, pas ceux des animaux. Leur temps d'adaptation aux brusques changements se sont raccourcis, pas ceux des biotopes.

Or aujourd'hui la prise de conscience écologique au sein des sociétés humaines, et dont toutes les formes de vie sur Terre ont besoin, met bien trop de temps à arriver. Notre avancé technologique est mille fois plus rapide que notre évolution morale, nous ne prenons même plus le temps de nous projeter dans l'avenir pour évaluer l'impact de nos inventions, et de même par notre arogance nous ignorons les leçons du passé. Innévitablement nous reproduisons sans cesse les mêmes erreurs. Et aujourd'hui, à l'image de nos ancêtres de la préhistoire, nous épuisons notre environnement et sommes en train de mener la dernière bataille pour les dernières ressources disponibles...

Le plus incroyable dans tout ça c'est que nous sommes nous même l'objet de notre étude et nous ne cessons d'observer minicieusement la destruction de la planète qui nous héberge.

Il semble que l'être humain soit depuis toujours habité par deux tendances paradoxales : la formidable ingéniosité qu'il a mis au service de sa survie, et une évidente disposition à détruire qui l'entraîne à sa perte.

Sources documentaires

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