« Depuis le milieu des années 90, quand l'armée US à mis son système de détection des ondes sonores sous-marines à la disposition des chercheurs civils, l'équipe de Christopher Clark de l'Université Cornell de l'état de New York passe son temps à écouter les cétacés. À l'origine le réseau planétaire de capteurs océanique, le Sound Surveillance System, avait été conçue pour traquer les sous-marins soviétiques or les baleines bruissent dans les mêmes gammes de fréquences sans être astreinte, elles, au secret défense. Qu'on découvert les scientifiques ?
Certains cétacés peuvent échanger de informations à plusieurs milliers de kilomètres de distance. Comment ? Par les infrabasses, les infrasons. « Les baleines évoluent belle et bien sur la même planète que nous mais dans un autre espace temps. Et c'est pas facile pour les chercheurs de se glisser dans la peau d'une baleine. » Michel André, professeur à l'université de Catalogne.
Cette relation à très longue distance chez des animaux qu'on croyait solitaire a bouleversé notre concept de groupe social. Les spécialistes de l'acoustique subaquatique savent depuis longtemps que les infrasons, des sons ultra grave à grande longueur d'ondes, se propagent très loin sans êtres absorbé par l'eau et sous l'eau les sons se propagent quatre fois plus vite que dans l'air, à plus de 1 km/s. S'ils sont porteurs d'un message celui-ci parvient donc au destinataire assez vite, le millier de kilomètres étant franchi en moins d'un quart d'heure. Ainsi des groupes de baleines disséminées autour du globe, constitués d'individus apparemment isolés, peuvent migré de concert vers un objectifs commun. Mais pourquoi les grandes baleines reliées par leur communication sonore, comme on le sait dorénavant, sont-elles éparpillés aussi loin les unes des autres ? Les baleines ne supportent-elles plus la vie quotidienne ? Ces géants se nourrissant de plancton chacun doit ratisser très large pour filtrer des quantités d'eau astronomique à bonne distance de ses semblables. Ici aussi on réalise que l'univers des baleines se situe à une échelle qui leur interdit de prendre leur repas en commun.
Pour tenter de se rapprocher des baleines il faut avoir présent à l'esprit l'idée maîtresse propre au milieux obscurs : le son est à l'océan ce que la lumière est à l'espace. Dans un milieu ou la lumière ne pénètre pas, c'est grâce à leur ouïe que les cétacés "voient". Pour eux une image sonore contient autant d'informations qu'une image en couleur et même en réalité bien plus, puisque le sonar autorise une vision en 3D.
Les cétacés disposent d'une mémoire acoustique analogue à notre mémoire visuel :
Une baleine émet et reçoit deux types de son, d'une part les impulsions qui comme un sonar son réfléchit sur
les obstacles lui permettant de se localiser par échographie, de mémoriser les relief sous-marins et les
paysages de ses itinéraires. D'autres part les modulations rythmés porteuses d'informations destinés à ses
congénères. Mais quel est le contenu de ses messages ? À quel propos les baleines bavardent-elles si
souvent ? Là le mystère reste entier.
Chris Clark qui ne cesse de les écouter, enregistrer, analyser, depuis des années, sur son computer relié au système d'écoute militaire, avoue savoir très peu de chose. À Barcelone, au laboratoire d'application acoustique, Michel André envisage une hypothèse ambitieuse : dans les messages émit par les grands cétacés ce ne serait pas les fréquences elles-mêmes qui seraient porteuse de sens mais les plus ou moins longs intervalles silencieux qui les sépares. Les fréquences, déformées par leurs traversées de couches d'eau plus ou moins froide et plus ou moins comprimés par la profondeur, seraient méconnaissable, inintelligible, tandis que les intervalles sont parfaitement conservés.
Après 30 millions d'années d'évolution les baleines auraient inventés un multiplexage crypté : les motifs en premier niveau de lecture acoustique et l'information codée en dessous. Michel André à remarquer une étrange analogie : certaines tribus du Sénégal transmettent ainsi leur traditions hors toutes écritures, toutes transmissions orales, par des rythmes très complexes frappés sur des tambours. Au point que le chercheur catalan a associé un grillot africain à ces tentatives de décryptage du langage de baleines.
Sous la mer, au fin fond des océans, une seule certitude : le vacarme assourdissant provoqué par les activités humaines (moteurs, sonars) perturbe gravement les baleines et peut les aveugler, au point de provoquer des échouages massifs et mortel de cétacés privés de tout repère. Dans les océans, le volume des bruits causés par les activités maritime double tous les 10 ans. Les chercheurs, effrayés par la pollution sonore infiniment plus grave que la pollution chimique, réfléchissent à une législation internationale pour limiter le bruit des navires. C'est vrai que quand il le veut l'homme sait être silencieux, les militaires ont bien fabriqués des sous-marins plus difficiles à détecter que les baleines.
[...]
De tous les chants de cétacés, le plus troublant est celui de la baleine à bosses, cette voix sous-marines
prend les tripes et soulève l'âme de tout ceux qui l'ont entendu, elle suscite un sentiment étrange de solitude
cosmique, de mélancolie infinie et de vie intense.
De janvier à avril les mâles chantent sur leurs zones de reproduction dans des eaux tempérées ou tropicales.
On a remarqué que dans un même bassin océanique, toutes les tribus de baleines entonnent le même chant et le
font évolué de manière synchronisée. Par exemple si l'on enregistre les baleines à bosses de Hawaï et celles
des îles mexicaines, à 4500 km, on constate qu'elles chantent la même chose au même moment et qu'elles la font
évoluer de la même façon. Le changement est très progressif, à peine sensible d'une année sur l'autre, mais
très nette après deux ou trois ans. On a même découvert que ces changements de thèmes dépassaient parfois les
limites d'un océan : l'équipe australienne de Michael Naud [orthographe du nom incertaine] a enregistré les
baleines à bosses de la côte Est de l'Australie au large du Queensland Pacifique de 1995 à 1998. En 1995 et
1996 le chant évolue progressivement mais les chercheurs remarquent que 2 mâles sur 82 ont un chant très
différent, l'année suivant ce chant différent s'est répandu à travers la communauté, et en 1998 il a carrément
supplanté l'ancien. Michael Naud a découvert que ce nouveau chant était celui pratiqué en 1996 par les baleines
à bosses de l'Océan Indien sur la côte opposées de l'Australie. Il semble que les baleines voyageuses venues
de la côte Ouest, aient ainsi introduit leur chant à l'Est et que tout le monde l'ait repris comme une
espèce de tube, la World Music subaquatique.
Les chercheurs estiment que ces chants, leur apprentissage, leur transmission, leur évolution sont la marque d'une caractéristique que l'on croyait réservé à l'homme : la culture. Certains spécialistes des mammifères marins estiment que les cétacés ont une culture et des traditions, chez les orques et les cachalots on parle même de sociétés multiculturelles voir de civilisations cétacés.
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