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Ecologie & Humanisme =¤= Idéal libertaire & Autogestion =¤= Dérives libérales & autoritaires
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Hamos
Admin

Inscrit le: 21 Mar 2006 Messages: 466
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Posté le: Mer 21 Juin 2006, 19:21 Sujet du message:
Evolution du monde et visions du futur |
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Pendant des millénaires les hommes ont cru que grâce aux progrès leur futur serait meilleur sans se rendre compte qu'ils fonçaient droit dans le mur.
Aujourd'hui personne n'ose s'imaginer que nos enfants vivront dans un monde pourris sûrement pire que tout ce que l'humanité à pu connaître, et il ne reste que les auteurs de science fiction pour réaliser des projections à long terme...
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1984, George Orwell.
| Citation: | Nous ne cherchons pas le pouvoir en vue de nos propres fins, mais pour le bien de la majorité tel que nous le définissons. Les hommes, ces créatures frêles et lâches, ne peuvent endurer la liberté ni faire face à la vérité. Ils doivent être dirigés par ceux qui sont plus forts qu'eux. L'espèce humaine a le choix entre la liberté et le bonheur, or le bonheur vaut mieux.
Le bien des autres ne nous intéresse pas, nous ne recherchons que le pouvoir, le pur pouvoir. Les nazis et les communistes se rapprochent beaucoup de nous par leurs méthodes, mais ils n'eurent jamais le courage de reconnaître leurs propres motifs. Ils prétendaient s'être emparés du pouvoir pour une période limitée; passé le point critique, il y aurait un paradis où les hommes seraient libres et égaux. Nous ne sommes pas ainsi, nous savons que jamais personne ne s'empare du pouvoir avec l'intention d'y renoncer. On n'établit pas une dictature pour sauvegarder une révolution. On fait une révolution pour établir une dictature. La persécution a pour objet la persécution. La torture a pour objet la torture. Le pouvoir a pour objet le pouvoir.
L'esclavage c'est la liberté. Seul, libre, l'être humain est toujours vaincu. Mais s'il renonce à son identité, s'il se soumet entièrement et totalement, il se fond dans le pouvoir collectif, il est alors tout-puissant et immortel.
Ce pouvoir est aussi le pouvoir sur d'autres êtres humains, sur les corps mais surtout sur les esprits. Le pouvoir sur la matière n'est pas important, notre maîtrise de la matière est déjà absolue. Ce qui importe c'est de commander à l'esprit. La réalité est à l'intérieur du crâne... Le réel pouvoir, le pouvoir pour lequel nous devons lutter jour et nuit, est le pouvoir non sur les choses, mais sur les hommes. Comment assure-t-on le pouvoir sur un autre? En le faisant souffrir. L'obéissance ne suffit pas. Comment, s'il ne souffre pas, peut-on être certain qu'il obéit, non à sa volonté, mais à la nôtre?
Le pouvoir est d'infliger des souffrances et des humiliations. Le pouvoir est de déchirer l'esprit humain en morceaux que l'on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l'on a choisies. Commencez-vous à voir quelle sorte de monde nous créons? Un monde de crainte, de trahison, de tourment. Un monde d'écraseurs et d'écrasés, un monde qui au fur et à mesure qu'il s'affinera deviendra plus impitoyable. Le progrès dans notre monde sera le progrès vers plus de souffrance. Notre civilisation est fondée sur la haine; il n'y aura pas d'autres émotions que la crainte, la rage, le triomphe et l'humiliation. Nous détruirons tout le reste.
Nous avons coupé les liens entre l'enfant et les parents, entre l'homme et l'homme, entre l'homme et la femme. Mais plus tard, il n'y aura ni femme ni ami. Les enfants seront à leur naissance enlevés aux mères, comme on enlève leurs oeufs aux poules. La procréation sera une formalité annuelle, comme le renouvellement de la carte d'alimentation. Il n'y aura plus de loyauté que pour le pouvoir. Tous les plaisirs de l'émulation seront détruits remplacés par l'ivresse toujours croissante du pouvoir, qui s'affinera de plus en plus. Il y aura à chaque instant, le frisson de la victoire, la sensation de piétiner un ennemi impuissant... Autant qu'un monde de triomphe ce sera un monde de terreur... Nous commanderons à la vie à tous ses niveaux.
Vous imaginez qu'il y a quelque chose qui s'appelle la nature humaine qui sera outragée par ce que nous faisons et se retournera contre nous. Mais nous créons la nature humaine. L'homme est infiniment malléable.
Tel est le monde que nous préparons. Un monde où les victoires succéderont aux victoires et les triomphes aux triomphes, un monde d'éternelle pression, toujours renouvelée, sur la fibre de la puissance. Vous commencez à réaliser ce que sera ce monde. À la fin vous ferez plus que le comprendre, vous l'accepterez, vous l'accueillerez avec joie, vous en demanderez votre part en idolâtrant vos propres bourreaux. |
Ravage, René Barjavel.
| Citation: | Tout cela (...) est notre faute. Les hommes ont libéré les forces terribles que la nature tenait enfermées avec précaution. Ils ont cru s'en rendre maîtres. Ils ont nommé cela le Progrès. C'est un progrès accéléré vers la mort. Ils emploient pendant quelque temps ces forces pour construire, puis un beau jour, parce que les hommes sont des hommes, c'est-à -dire des êtres chez qui le mal domine le bien, parce que le progrès moral de ces hommes est loin d'avoir été aussi rapide que le progrès de leur science, ils tournent celle-ci vers la destruction.
(...)
Insensé ! crie le vieillard. Le cataclysme qui failli faire périr le monde est-il déjà si lointain qu'un homme de ton âge ait pu oublier la leçon ? Ne sais-tu pas, ne vous l'ai-je pas appris à tous, que les hommes se perdirent justement parce qu'ils avaient voulu épargner leur peine ? Ils avaient fabriqué mille et milles sortes de machines. Chacune d'elles remplaçaient un de leurs gestes, un de leurs efforts. Elles travaillaient, marchaient, regardaient, écoutaient pour eux. Ils ne savaient plus se servir de leurs mains. Ils ne savaient plus faire effort, plus voir, plus entendre. Autour de leurs os, leur chair inutile avait fondu. Dans leurs cerveaux, toute la connaissance du monde se réduisait à la conduite de ces machines. Quand elles s'arrêtèrent, toutes à la fois, par la volonté du Ciel, les hommes se trouvèrent comme des huîtres arrachées à leurs coquilles. Il ne leur restait qu'à mourir... |
La forêt d'Iscambe, Christian Charrière.
| Citation: | (...) Mais au fil des siècles l'homme s'inventa des religions qui, par leur obsession tatillonne du péché, non seulement jetèrent le discrédit sur l'aspect nocturne de l'être mais aussi refoulèrent cette énergie en ascension. La civilisation oublia que, comme naît chaque jour le soleil du ventre fécond de la nuit, la lumière est déjà présente au coeur des ténèbres. Pourtant il y eut plus grave encore : à force d'écraser et de nier les mondes inférieurs, l'homme en vint à nier les univers supérieurs.
Dès lors, il ne fut plus loisible de vivre qu'au pauvre niveau du mental et la seule lumière qu'il reconnut fut celle - froide, artificiel, maussade - de la Raison. Or la Raison déraisonne quand elle n'est pas irriguée par le bas et interpellée par le haut. Si elle reste solitaire, comprimée à son seul étage, elle s'emballe et devient folle. Elle se mue en bureau, en bourreau. La peur de l'inconnu, de l'irrationnel, la conduisit à barrer le passage à tout ce qui n'était pas elle. Et le plus étrange était que les hommes continuaient à appeler progrès ce qui n'était que décadence et éloignement de la tradition. Et ils nommaient aussi accélération de l'Histoire l'accélération normale et naturelle d'une pierre que l'on jette dans un précipice. A l'extrémité de cette chute, le choc vint, la fatale catastrophe.
Sur le monde soi-disant civilisé tombèrent des bombes conçues par la Raison industrieuse, des bombes étranges qui détruisaient la vie en épargnant la matière. C'est pourquoi des villes entières furent préservées, débarrassées de leurs habitants, villes fantômes, dépenaillées et silencieuses dont les ruines se peuvent voir aussi bien dans les steppes et les savanes que dans les profondeurs verdâtres des jungles infinies - la seule différence étant que ces cités désertes avaient été mieux conservées dans la forêt (dans les plaines, les vents les disloquaient et les recouvraient d'une terre où croissait à présent une herbe pâle). |
Le tour de roue, Philip Kindred Dick.
L'histoire : le personnage est Sand-wu, il appartient à la caste de Bardes, l'une des plus importante caste de la nouvelle hiérarchie et l'une des plus arrogante aussi (les castes sont écrites avec une majuscule)
| Citation: | Il fut saisi d'un frisson violent en songeant à ce qui se passerait si Technos, Cultivateurs et Hommes d'affaires étaient autorisés à se mélanger, voire à se marier entre eux, à prendre leurs repas et leurs boissons au même endroits. Ce serait la structure même de la société qui s'effondrerait. Si tous se faisaient transporter par les mêmes charrettes, utilisaient les mêmes cabinets, ce serait inimaginable. Une vision d'horreur se matérialisa sous ses yeux ; horrifié, il vit des Technos vivre et copuler avec des femmes de castes Barde ou Poète, une société à l'organisation horizontale dont les membres seraient tous au même niveau. Ce qui irait à l'encontre de la nature même du cosmos et du divin dessein ; le retour des Temps de Folie !
«Où est le directeur de la région ? demanda-t-il. Menez-moi jusqu'à lui. Je verrai cela directement avec lui.»
Les deux Caucs tournèrent les talons et reprirent sans un mot le chemin par lequel ils étaient venus. Après un accès de fureur, Sang-wu leur emboîta le pas.
À leur suite il traversa des champs pelés et escalada des collines nues, rongés par l'érosion ; des ruines se faisaient plus denses. Aux abords de la ville s'étaient regroupés quelques maigres hameaux, huttes branlantes et rues bourbeuses d'où s'élevait une puanteur épaisse, une odeur de pourriture et de mort.
Des chiens dormaient à l'ombre des huttes ; les enfants jouaient à fouiller des tas d'ordures et de gravats. Sur le seuil des portes étaient assis quelques vieillards au visage inexpressif, aux yeux mornes et vitreux. Il vit des poules picorer ça et là , des porcs, des chats faméliques - et les éternels entassements de pièces métalliques, qui atteignaient jusqu'à dix mètres de haut. Partout des piles de scories rougeâtres.
Après les hameaux venaient les ruines proprement dites, des kilomètres de vestiges abandonnés, de squelettes de bâtiments, de pans de béton, de baignoires et de tuyaux, de carcasses de voitures retournées. Tout cela datait des Temps de Folie, la décennie qui avait suivi l'épisode le plus déplorable de toute l'histoire de l'humanité. Les cinq siècles de folie et de chaos étaient désormais connus sous le nom d'âge d'hérésie, âge où l'homme s'était dressé contre le divin dessein et avait pris en main sa propre destinée. |
K-PaX, un film de Iain Softley.
Le psychiatre : Dr. Powell
L'extraterrestre : Prot
| Citation: | - Bien hum... un autre point qui me chiffonne, et vous allez peut-être pouvoir m'expliquer, comment est-ce que... enfin comment est-ce possible que venant de l'espace vous ressembliez a ce point là a n'importe lequel de mes semblables ?
- Pourquoi est-ce qu'une bulle de savon est ronde ?
- Pourquoi est-ce qu'une bulle de savon est ronde ? !
- Vous avez la curieuse manie de répéter les choses pour quelqu'un de si brillant, êtes-vous conscient de ça ? ...
Une bulle de savon est ronde parce que c'est la concentration énergétique la plus efficace. Même ordre d'idée, sur votre planète j'ai votre allure, sur K-Pax j'ai celle d'un K-Paxien.
- Prot... hum... pourquoi avoir opté pour notre planète ?
- Je suis passé par chez vous plusieurs fois déjà , mais pourquoi a l'origine je n'en sais rien. Pure curiosité sans doute, je n'avais jamais visité de planètes de classe P.S.E.
- Classe P.S.E. ... hum... c'est quoi ?
- Premier Stade d'evolution. Avenir : incertain.
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- Avez-vous une famille sur K-PAX ?
- Nous ne fonctionnons pas du tout de la même façons Marc. Sur K-PAX nous n'avons pas de famille au sens littérale du terme, en fait le concept de famille est un non-sens sur notre planète comme sur beaucoup d'autres.
- En d'autres termes vous... vous... [il actionne son Dictaphone] vous n'avez pas connu vos parents ? c'est ça ?
- Chez nous les enfants ne sont pas éduqués par leur parents biologique mais par la population entière. Ils circulent en liberté élevés par les uns et les autres.
- Vous avez un enfant ?
- Non.
- Est-ce que vous avez une femme qui vous attend sur K-PAX ?
- Marc, Marc, Marc ...
Je tente de répondre à vos questions et vous n'êtes pas du tout à l'écoute. Nous n'avons pas de mariage sur K-PAX. Il n'y a pas d'épouse, pas de maris. En claire pas de famille.
- Je vois... et alors comment... qu'elle est votre structure sociale ? Il y a un gouvernement ?
- Nous n'en avons aucunement besoin.
- Vous n'avez donc pas de lois ?
- Non. Ni lois ni avocats.
- Qui définis le bien et le mal ?
- Toutes formes de vie dans l'univers sait se qui est bien ou mal.
- Mais quand l'un de vous fait sciemment du mal à ses semblables, qu'il commet un meurtre ou viol une femme. Comment le punissez-vous ?
- Permettez-moi de vous dire une chose. Vous les humains, combien vous êtes aujourd'hui à prôner la politique d'une vie pour une vie, oeil pour oeil, dent pour dent, ce qui dans l'univers passe pour être une absurdité. Votre Bouddha et votre Christ avaient une autre vision mais désormais plus personne n'en tient compte. Pas plus les bouddhiste que les chrétiens... (silence)
Les humains... on se demande parfois comment vous avez fait pour tenir jusque là . |
Dernière édition par Hamos le Dim 25 Nov 2007, 14:27; édité 7 fois
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Hamos
Admin

Inscrit le: 21 Mar 2006 Messages: 466
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Posté le: Lun 23 Oct 2006, 20:45 Sujet du message:
Le monde de Simon du Fleuve |
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J'ai entendu parler de la BD Simon du Fleuve qui donne un aperçu très réaliste de ce que pourrais être l'avenir du monde industrielle après l'avènement du pic pétrolier. Ci-dessous un extrait de la BD récupéré sur generations futures avec les commentaires du webmaster :
| Citation: | A travers les aventures de Simon Du Fleuve, M. Auclair a fait preuve d'une acuité extraordinaire sur ce que nous réserve probablement l'avenir. J'éprouve le besoin de partager les clichés de ce monde apocalyptique pour que chacun puisse prendre conscience que notre destinée peut prendre une tournure dramatique. Cette page est donc une sorte d'avertissement pour nous inciter à modifier notre mode de vie actuel qui de toute évidence n'a pas un caractère durable ou soutenable. Toutes les phrases entre guillemets sont tirés des bulles de la bande dessinée.
Comment le monde industriel s'est-il écroulé ?
"Les symptômes ont commencé à se manifester vers les années 1967-1968. Je crois. Les jeunes de différents pays du globe, inquiets, ont demandé à se faire entendre vainement."
M. Auclair a réaliser cet album en 1976. Il a donc été fortement marqué par la révolution culturelle de mai 1968. C'est donc logiquement le point de départ de la descente aux enfers de la civilisation moderne.
"Deux grandes puissances d'alors se livraient une lutte économique sans merci et soit directement, soit par peuple interposés, s'engluaient dans des guerres sans fin, où les peuples agressés luttaient vaillamment pour leur dignité d'hommes libre."
Cette phrase témoigne de l'atmosphère de la guerre froide qui régnait pendant les années 60 et 70. A l'époque, il paraissait inconcevable que cette lutte s'arrête tellement les conflits étaient récurrents. Je pense que M. Auclair a été fortement marqué par le caractère guerrier de l'homme et la violence de l'histoire qu'il raconte en témoigne largement.
"Or, pendant ce temps les ressources énergétiques de la planète s'amenuisaient, des cris d'alarme s'élevaient de toutes parts. Des peuples comprirent qu'ils possédaient une arme de choix, un liquide qu'ils tiraient de la terre, le pétrole. Et sur lequel était basée presque toute l'économie de ces autres pays hyper-consommateurs."
"Des conflits éclatèrent en différents points du globe pour s'approprier les richesses qui s'y trouvaient..."
"La situation mondiale de cette époque-là était d'une complexité sans nom. Partout, dans chaque nation, des minorités nationales se réveillaient et se lançaient dans la lutte contre les agresseurs."
"Les grandes puissances, empêtrées dans leurs contradictions idéologiques armées jusqu'aux dentes d'engins atomiques, capables de les rayer mutuellement de la carte de la planète, réfrénèrent leurs désirs de domination et évitèrent à grande peine l'holocauste."
"La désaffection des populations et leur lassitude étaient devenue grandes. Les troubles éclatèrent partout, les services du maintien de l'ordre étaient débordés. Ce fut la chute."
"Et c'est dans les pays les plus évolués matériellement qu'elle fut le plus cruellement ressentie."
"On vit des exodes massifs vers les campagnes, puis des regroupements s'opérer, une vie communautaire s'instaurer."
Effectivement la chute risquerait d'être particulièrement dure dans les pays développés et en particulier au niveau de l'agriculture. Comme on le voit ici les hommes imaginés par Auclair durent réapprendre le travail de la terre sans machines et sans animaux. Il fallait se réapproprier le savoir faire du début du vingtième siècle qui avait été effacé de la mémoire collective par la civilisation moderne et ces millions de moteurs avides de pétrole et d'électricité. Il est probable que les animaux manqueront et que les populations seront obligées dans un premier temps de travailler la terre à la main comme à l'âge de pierre.
"Les agriculteurs sédentaires cultivant pour les pasteurs nomades et les pasteurs élevant pour les sédentaires."
L'envie de vivre était la plus forte et des groupes d'hommes et de femmes s'adaptèrent à leurs nouvelles conditions de vie.
Parallèlement à ce retour à la terre d'une grande partie de la population, Auclair a imaginé que perdure un embryon de monde moderne qui s'est organisé autour des anciennes capitales pour que l'humanité renaisse sur d'autres bases et cesse cette régression. Ces cités sont des Mégapolis qui ont réuni tous les moyens techniques utilisables, ainsi que les ressources énergétiques encore exploitables. Elles disposent de bases avancées dans la campagne de manière à regrouper les populations. Ces cités sont regroupées sous un gouvernement mondial avec un semblant de démocratie (un système inadapté pour l'époque).
"Ces bases avaient un caractère militaire, et la méfiance - voire l'hostilité - fut grande. On se souvenait du passé..."
Les Mégapolis prirent vite la tournure militaire et dictatoriale. Des Cités firent sécession avec le gouvernement international. "Des chefs soutenus par des troupes mercenaires, s'instituaient "Maître des Cités". Les épurations devenaient quotidiennes et quelques personnes prirent conscience qu'en fait, sous des prétextes humanitaires, nous réarmions des dirigeants qui iraient, dès qu'ils le pourraient, réinstaurer un ordre totalitaire." Ces personnes, des chercheurs, prirent la fuite et formèrent avec d'autres le Clan des Centaures, un clan de nomades qui réapprenaient à vivre avec la nature. Les confrontations armées étaient régulières et le coup de crayon de Auclair témoigne de cette violence.
"... Des heurts violents eurent lieu, surtout avec les nomades qui avaient réappris la liberté et refusaient toute intégration."
Simon Du Fleuve est vraisemblablement né au moment de la chute du monde industriel, vers les années 1980 d'après ma lecture attentive. Le personnage dessiné par Auclair est adulte, probablement 30 ans, voire 35.
Simon Du Fleuve est le fils d'un chercheur qui a mis au point une arme laser (un pistolet). Son père a été assassiné par ceux des Cités et Simon s'est enfui avec cette arme après avoir détruit les plans permettant de la construire. Au cours de l'histoire il prendra le parti de détruire cette arme pour empêcher à jamais qu'elle ne tombe entre les mains des maîtres des Cités. Simon Du Fleuve parcourt ce monde post industriel à la recherche de nouveaux idéaux où l'homme retrouverait une harmonie avec les siens et la nature.
Entre 1980 et 2010, la population de la planète est probablement passée de 5 milliards d'habitants à 1 milliards ! Quatre milliards de personnes sont mortes en trente ans simplement à cause de la dégradation brutale de l'hygiène de vie, sans que n'explose la moindre bombe atomique. L'holocauste, l'hiver nucléaire a été évité de justesse, mais la décroissance exponentielle de la démographie est allée de paire avec la chute brutale du monde moderne et tous ses moyens de production et en particulier de la nourriture. Aujourd'hui, nous sommes sur le point d'atteindre 7 milliards d'habitants sur notre planète, et il paraît (je l'ai lu je ne sais plus où) que la planète cultivée biologiquement ne pourrait nourrir que deux milliards d'individus au maximum. Auclair n'a pas parlé de cette décroissance démographique, on la devine seulement par les nombreux paysages où la végétation a repris ses droits mais où l'humain est totalement absent, à part les vestiges du passé.
La misère d'un monde d'exode et de violence.
Dans la Cité NW3, Auclair fait parler un personnage : Jason, qui dans l'histoire a le rôle d'un sniper qui sème la terreur dans les ruines de Paris. Voici quelques extraits de ce qu'il raconte sur la nature de ce monde qu'il a vu disparaître.
"Partout ce n'était que peur et défiance, quand ce n'était pas une violence aveugle qui faisait force de loi, surtout dans les ruines des villes où régnaient des bandes de nature indéterminée."
"Jason avait traîné à travers les pays des années durant, vivant de chasse, du repas offert par la communauté de rencontre. Il avait vu ce monde, par endroit tenter de se reconstruire, dans d'autres achever de s'effondrer."
" Il avait vu des cités achever d'être désertées, parce que toute possibilité de subsister y avait disparu. Il avait vu dans ces ruines, les militaires essayer de revivre les rêves d'un passé révolu, et réinstaurer leur force brutale dans des parodies dramatiques, parce que de sinistre mémoire."
Dans les planches des albums, on s'aperçoit que seuls les militaires ont accès à ce qui reste de ressources énergétiques. Les seuls véhicules que l'on peut voir circuler dans ce monde apocalyptique sont des véhicules militaires qui circulent sous forme de convois armés. Il vaut mieux éviter ce genre de contact car les militaires ont aussi besoin d'esclaves.
"Un cri d'animal réveillant brusquement le silence dans ces maisons désertées, cernées de ces tours où l'on avait peine à imaginer qu'un jour des gens avaient pu vivre, ajoutait quelque chose de poignant à la solitude qui émanait de ce monde mort."
Le monde dans lequel évolue Simon est violent. Les éleveurs nomades et les cultivateurs sédentaires cohabitent avec des bandes de pillards vomies par les anciennes villes et armées par les maîtres des cités violents.
"Simon réprimait à grand peine la nausée qui montait en lui à la vue de tant de monstruosités. Au nom de quoi des humains pouvaient-ils massacrer ainsi leurs semblables ? Au nom de quel idéal ?"
"Se battre, il n'y aurait jamais que cette possibilité avant que ne règne la sagesse."
Les paysages que traverse Simon Du Fleuve
Les paysages que traverse Simon du Fleuve témoignent de la société moderne. Les vestiges du passé sont omniprésents dans ce paysage où la nature reprend ses droits. Comme j'ai pu l'écrire précédemment, l'homme vivant semble absent des paysages. La démographie est très probablement réduite et il est presque plus vraisemblable que le monde de Simon Du Fleuve n'abrite même pas les trois cents millions d'habitants. Faire vivre 1 milliard de personne (démographie en 1800 !), cela exige une agriculture organisée et efficace qui occupe largement la paysage, or les paysages que traverse Simon sont improductifs pour les hommes. A titre de comparaison, la Terre comptait 500 millions d'habitants en l'an 1000. Et le Moyen Age disposait d'institutions puissantes (l'église, la royauté...) qui organisaient la production agricole et artisanale, assuraient la sécurité et la stabilité du système. Le monde de Simon est beaucoup plus instable et je l'imagine incapable d'abriter plus de trois cent millions d'habitants.
[...]
La vie hors des Cités, le retour au contact de la terre et de la nature.
Voici l'intérieur d'une maison chaleureuse. Le décor est constitué de matériaux de récupération et de bois. Il y a une bibliothèque aussi précieuse que la nourriture. Les troubles de l'époque antérieur ont réduit la culture à pratiquement zéro. A côté les populations nomades habitent des habitations légères facilement démontables (les Yourtes) et du reste très confortables.
La vie quotidienne, c'est la découpe du bois de chauffage et de construction. Les moyens de communication sont rudimentaires et ancestraux. Les pigeons voyageurs apportent des nouvelles et aussi des menaces. La culture du blé suit un rythme ancestral comme au moyen âge. Les moyens de culture sont rudimentaires.
Le blé est entreposé dans des caches pour qu'il soit à l'abri des pillards. Puis arrivent les bandes armées issues des cités qui vont détruire la ferme des cultivateurs de blé.
"Quand de leurs caches, les cultivateurs avaient vu le panache de fumée sombre s'élever au-dessus des collines, leurs poings s'étaient serrés de rage... Les femmes s'étaient blotties plus que de coutume contre leurs compagnons étouffant le gémissement rauque qui montait en elles."
"Dès qu'ils avaient pu revenir à la ferme, ils s'étaient employés à éteindre les foyers les plus importants et à sauver ce qui pouvait l'être encore."
"Puis la mort dans l'âme ils avaient constaté les dégâts."
"La désespérance était grande devant tant d'efforts encore une fois anéantis, et les coeurs se révoltaient devant tant d'injustice."
Après la destruction, il faut reconstruire avec les matériaux locaux. |
Auclair raconte cette histoire en 2010, l'auteur de ce résumé situe plutôt cette période en 2040 (en prenant en compte une marge d'erreur de 30 ans par rapport aux repères de l'auteur qui a commencé cette série dans les années 70).
Mais personnellement je m'attend à une crise énergétique globale (donc le début du scénario de la BD) dès 2010, ou 2020 au pire (ou au mieux, sa dépend de quel point de vue on se place).
Dernière édition par Hamos le Mar 03 Avr 2007, 21:20; édité 4 fois
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Kaiowa

Inscrit le: 09 Mai 2006 Messages: 207 Localisation: Lyon
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Posté le: Mar 24 Oct 2006, 16:29 Sujet du message:
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Elle a l'air sympa cette BD.
Y'a encore moyen de s'en procurer un exemplaire tu penses ?
Ou alors si tu l'as, tu me la prêtera, gentil comme t'es...
_________________ "Emancipate yourself from mental slavery, none but ourselves can free our minds." Bob Marley.
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Hamos
Admin

Inscrit le: 21 Mar 2006 Messages: 466
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Posté le: Mar 24 Oct 2006, 18:24 Sujet du message:
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Malheureusement non je ne l'ai pas et je ne l'ai jamais lu. J'ai déjà eu l'occasion de lire la BD "Neige" de Convard et Gine qui à une scénario très proche et qui fut à écrit à la même époque (année 70) mais je ne l'ai pas sous la main non plus.
Par contre on peut trouver ces BD sur Emule, suffit de chercher
[EDIT] : on trouve effectivement sur Emule une bonne partie de la série Simon du fleuve
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Hamos
Admin

Inscrit le: 21 Mar 2006 Messages: 466
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Posté le: Jeu 01 Fév 2007, 14:46 Sujet du message:
Malevil |
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Il y a quelques semaines j'ai terminé Malevil, le livre de Robert Merle. Quatrième de couverture :
| Citation: | Pâques 1977 : dans les caves creusées dans le roc de l'antique château de Malevil, Emmanuel met son vin en bouteilles tandis que ses amis d'enfance discutent devant lui avec passion des élections municipales.
Et voici que ce jour, pour Emmanuel si quotidien, si routinier, est aussi le jour d'une guerre atomique qui s'abat sur le monde par surprise et le détruit. En un instant, autour de Malevil dont le roc millénaire résiste à la fournaise, tout est anéanti. Les bois brûlent. Les villages se consument. La terre devient poussière.
Dès leurs premiers pas sur la planète carbonisée, les compagnons d'Emmanuel rencontrent leurs premiers ennemis : d'autres hommes, sauvés comme eux, mais qui convoitent le château fort et ses réserves. Contre ces bandes errantes commence, implacable, la lutte armée des sédentaires. Dans ce coin de France, berceau de la préhistoire, les survivants de Malevil régressent vers une civilisation primitive.
Scénario prospectif ? Etude futurologique d'un noyau humain ? Si l'on veut. Mais à la façon dont l'était déjà cet « Animal doué de raison », dont Robert Merle a raconté la singulière histoire.
Plus singulière encore - plus cruelle aussi - sera l'histoire de ce groupe d'hommes acharnés à maintenir sur terre l'espèce humaine : récit haletant où abondent les personnages, les péripéties, la vie intense du quotidien.
Est-ce un livre à désespérer ? Ou, à l'intérieur de l'éventualité la plus sombre, sommes-nous ici, comme le prétend l'auteur, « dans le meilleur des cas » ?
Robert Merle, qui est en congé d'enseignement depuis 1969, a reçu le prix Concourt en 1949 pour Week-end à Zuydcoote, et le prix de la Fraternité en 1962 pour L'Ile. Outre des traductions, des essais critiques, des études d'histoire contemporaine et des pièces de théâtre, il a publié La mort est mon métier (1952), Un animal doué de raison (1967), Derrière la vitre (1970) et Les Hommes protégés (1974). |
Avec un pote j'ai parlé du rapport qu'entretiennent les personnages avec le passé car l'idée de civilisation n'est pas clairement définis, enfin pas avant un bout de temps dans le bouquin, contrairement à ce que certains résumés laissent entendre (sur Wikipédia par ex. : "reconstruction de la civilisation").
Après le choc qu'ont reçu les personnages, et en voyant le monde ancien réduit à néant ou presque (tout était brûlé, tout sauf ce qui avait été préservé du souffle de l'explosion à l'abri des falaises, c'est-à -dire pas grand chose), ils se sont souvent remis en question et c'est au fil du livre qu'on pioche des informations sur leurs visions des choses et leurs façons de s'extraire les uns et les autres, à leur rythme, de leur "carcan" idéologique respectif (rappelons-nous que l'histoire se passe entre 1977 et 1979 et que la guerre nucléaire survient alors que le pic de production d'énergie par tête a atteint son maximum dans l'histoire de l'humanité : voir ce sujet sur le forum).
Je vous recopie des passages à ce sujet :
| Citation: | [...]
- Tu comprends, reprend-il, sur la route, après l'embuscade, quand tu m'as quitté pour aller chercher les autres à Malevil, je suis resté un bon moment au milieu des cadavres et je roulais pas des pensées bien gaies.
- Quelles pensées ?
- Et bien, par exemple, ce Feyrac qu'on a dû achever... Une supposition que ce soit l'un de nous qui écope une blessure grave. Qu'est-ce qu'on fait ? Sans médecin, sans médicaments, sans bloc opératoire. Ca serait moche de le laisser crever sans l'aider.
Je me tais. J'y ai pensé. Thomas aussi, je le vois à son air. Meyssonnier reprend :
- On est en plein Moyen à‚ge.
Je secoue la tête.
- Non. Pas tout à fait. Il y a une analogie de situation, c'est vrai, au Moyen à‚ge on a connu des moments comme ceux-ci. Mais tu oublies une chose. Notre niveau de connaissances est infiniment supérieur, je parle même pas de la somme considérable de savoir enfermé dans ma bibliothèque de Malevil. Ca, ça reste. Et c'est très important vois-tu. Parce qu'un jour, ça va nous permettre de tout reconstruire.
- Mais quand ? dit Thomas avec dégoût. Pour l'instant, nous passons notre vie à essayer de survivre. Les pillards, la famine. Demain les épidémies. Meysonnier a raison, nous sommes revenus au temps de Jeanne-d'Arc.
- Mais non, dis-je avec vivacité. Comment un matheux comme toi peut-il faire une erreur pareille ? Mentalement, nous sommes beaucoup mieux équipés que les hommes du temps de Jeanne d'Arc. Il ne nous faudra pas des siècles pour retrouver notre niveau technologique.
- Et tout recommencer ? dit Meyssonnier en levant les sourcils d'un air de doute.
Il me regarde. Il parpalège. Et moi, je suis saisi par sa question. Parce que c'est lui - l'homme de progrès - qui la pose. Et parce que je vois fort bien ce qu'il aperçoit dans l'avenir au bout de ce recommencement. |
Cette remise en question du progrès est très intéressante. Tom et moi en avons parlé souvent. Il estimait tout comme moi que l'humanité devait faire une pause, marquer un temps d'arrêt pour faire tout ce que nous n'avons pas eu le temps de faire ces quelques 8 000 dernières années de développement technologique (de la naissance de l'agriculture aux OGM) : réfléchir. Nos différents tournaient autour du temps de cette reflexion et du genre de "pause technologique" qu'il convenait d'effectuer (tout laisser tomber ? que faire des machines, des installations ? ...), moi souhaitant que cette période de transition soit aussi longue que possible (se comptant en siècles voir en milliers d'années) alors que Tom était plus optimiste. Le débat entre nous deux n'est pas tranché et ne le sera certainement jamais.
Un proverbe des indiens d'Amérique du Nord dit qu'il faut penser aux 7 générations qui nous suivrons avant de prendre une décision importante. Je suis tout à fait d'accord avec ce principe et je pousserais même ce chiffre jusqu'à 10 ou 20 générations (!) si notre mémoire et nos capacités intellectuelles nous permettent d'imaginer l'issue de nos actions dans si longtemps.
Dans le dernier tome de la BD d'Universal War One, l'un des personnages avance que la maîtrise du voyage temporel va changer l'homme : « [...] il va enfin arrêter d'oublier toutes les leçons de son passé. La "civilisations de Canaan" serait celle qui ne perd pas la mémoire : l'Homo Sapiens va laisser la place à l' "Homo Memor". »
Outre l'aspect quantique du voyage dans le temps, l'idée de s'efforcer à préserver la mémoire d'un peuple et de son espèce pour lui éviter de retomber dans les mêmes erreurs me paraît fondamentale. D'ailleurs nous savons que des peuples à la culture exclusivement orale parviennent à faire passer leur messages à travers les âges, pendant des milliers d'années, grâce au maintient d'une culture forte.
Notre civilisation a entrepris de faire passer cette mémoire par les livres, par l'écriture, donc par un support qui nécessitait un apprentissage assez lourd pour que puisse être déchiffrées les connaissances du passé (contrairement à l'apprentissage de chants et de l'utilisation d'un instrument de musique). Or ces connaissances auront elles-même tout le loisir de se perdre, de moins en moins de personnes sauront lire...
Nous devrions modifier notre rapport à l'histoire et son apprentissage, c'est une reflexion qu'il convient de poursuivre étant donnée l'importance de la question.
Voir le sujet : Mémoire des temps futurs
Maintenant voilà un autre passage du livre :
| Citation: | Nous sommes très occupés et pourtant, rien ne nous presse. Nous disposons de vastes loisirs. Le rythme de la vie est lent. Chose bizarre, bien que les journées aient le même nombre d'heures, elles nous paraissent infiniment plus longue. Au fond, toutes ces machines qui étaient supposées faciliter notre tâche, autos, téléphone, tracteur, tronçonneuse, broyeur de grain, scie circulaire, elles la facilitaient c'est vrai. Mais elles avaient aussi pour effet d'accélérer le temps. On voulait faire trop de choses trop vite. Les machines étaient toujours là , sur vos talons, à vous presser.
Par exemple, avant, pour aller à La Roque annoncer à Fulbert que Catie et Thomas étaient mariés -- à supposer que je n'aie pas voulu le faire par téléphone -- il m'aurait fallu neuf minutes et demie en auto, et encore à cause des nombreux tournants. J'y suis allé à cheval avec Colin, qui a tenu à m'accompagner, sans aucun doute pour revoir Agnès, et il nous a fallu une bonne heure. Et là , mon message remis à Fabrelâtre, Fulbert n'étant pas levé, il n'était pas question de repartir aussitôt, les chevaux, après leurs quinze kilomètres de route, avaient besoin d'un peu de repos. Au surplus, pour rentrer, ne voulant pas leur infliger le macadam, j'ai pris le raccourci forestier qui, du fait des cadavres d'arbres qui l'encombraient, nous a beaucoup retardés. Bref, partis le matin de bonne heure, nous sommes rentrés à midi, fatigués mais assez contents, Colin d'avoir parlé à Agnès, et moi d'avoir vu des pousses vertes, ça et là , émerger du sol et mêmes des arbres qui paraissaient morts.
Je remarque que nos mouvements aussi sont plus lents. Il se sont adaptés à notre rythme de vie. On ne descend pas de cheval comme on sort d'un auto. Pas question de claquer la portière et de monter un escalier quatre à quatre pour décrocher le téléphone qui sonne. Je démonte dès l'entrée, j'amène Amarante au pas dans son box, je la desselle, je la bichonne et j'attends qu'elle soit bien sèche pour lui permettre de boire. En tout, une bonne demi-heure.
Il est possible que, la médecine ayant disparu, la vie devienne plus brève. Mais si on vit plus lentement, si les jours et les années ne passent plus devant votre nez à une vitesse effrayante, si on a le temps de vivre enfin, je me demande ce qu'on a perdu.
Même les rapports avec les gens se sont considérablement enrichis du fait de cette lenteur de notre vie. Et là , alors, si je compare ! Germain, mon pauvre Germain, qui mourut sous nos yeux le jour de l'évènement, bien qu'il ait été mon collaborateur le plus proche pendant des années je ne l'ai, pour ainsi dire, pas connu, ou ce qui est bien pire, je l'ai connu assez pour l'utiliser. Affreux, ce mot « utiliser », quand il s'agit d'un homme. Mais voilà , j'étais comme tout le monde, j'étais pressé. Toujours le téléphone, le courrier, l'auto, les ventes annuelles de chevaux de selle dans les grandes villes, la comptabilité, la paperasse, l'inspecteur des impôts... A vivre à un tel rythme, les rapports humains disparaissent. |
Ce dernier exemple illustre bien le message que j'essaie souvent de faire passer : le progrès technologique nous à bien sûr apporter une aide importante dans bien des domaines mais il convient aussi de prendre du recul pour apercevoir l'autre tranchant de cette évolution. Ainsi l'on arrive non seulement à rappeler encore une fois Rabelais ("Science sans conscience n'est que ruine de l'âme.") mais aussi à mettre en évidence l'idée que même un progrès technologique maîtrisé et réfléchit peut, dans certaines conditions, avoir des effets négatifs non négligeable qu'il faut pouvoir déceler.
Malvil est un roman prenant, intelligent, sociologique, écologique et philosophique qui m'a captivé jusqu'au bout en poussant mon esprit sur bien des chemins inhabituels. Je le recommande vivement !
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Hamos
Admin

Inscrit le: 21 Mar 2006 Messages: 466
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Posté le: Ven 02 Mar 2007, 11:37 Sujet du message:
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| Citation: | - Nanti d'une pauvre pension militaire, je ne pus quitter Mars... Je me retrouvais condamné à finir ma vie dans cette retraite minable... Ca fait 20 ans que je suis là , à attendre ma mort comme un con en regardant le nouveau monde des C.I.C....
Ce monde est affreux, Kate. Les riches y sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres. Bien sûr, on dit que chacun, s'il a la volonté, peut réussir à se hisser jusqu'au sommet de la société... Bien sûr... Ceci dit, ceux qui y sont déjà n'ont aucun effort à faire pour y rester, eux...
Bref, le monde des C.I.C. est l'aboutissement absolu du libéralisme économique. Libéralisme ? Liberté ?... Pour commencer, il est interdit de critiquer le régime des C.I.C.... Officiellement, il a apporté la paix à l'humanité, officiellement il garantit les libertés de chacun... La libre concurrence sous régime sécuritaire : c'était le plus grand rêve du capitalisme... et ce rêve réalisé est un véritable cauchemar.
- Il y a une résistance ?
- Ce n'est pas vraiment possible Kate... Pour « notre confort et notre sécurité », les C.I.C. ont instauré une banque de données centrale où tous les humains sont fichés. Partout on doit s'identifier avec nos empreintes rétiniennes et digitales...
Pire : ces données biométriques sont devenus nos seules cartes d'identité, de crédit, de soins médicaux... Oui, les C.I.C. ont réussi à supprimer l'argent liquide, on paye avec nos empreintes. Sans argent liquide, pas d'économie souterraine, pas de marché noir, pas de clandestinité... pas de révolte.
Depuis la révolution informatique, les décideurs essayaient de nous ficher : les C.I.C. ont accompli ce que tous ces Big Brothers avaient rêvé de faire. En fichant nos empreintes digitales et rétiniennes, ils nous ont marqués du sceau de leur contrôle. Nous ne pouvons plus rien faire sans que la bête le sache... Saint Jean l'avait prédit dans l'Apocalypse il y a plus de deux mille ans...
"Et la Bête fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou leur front et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque de la Bête, le nom de la Bête ou le nombre de son nom."
Extrait du Tome 6 de Universal War One. |
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romanautopsied'unemémoire
Invité
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Posté le: Sam 03 Avr 2010, 08:21 Sujet du message:
monde en 2043 Description du sujet: extrait du roman "autopsie d'une mémoire" de Tamim KARIMBHAY |
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Les jours se faufilent très vite…Quelques jours plus tard, Roger est venu nous chercher à l’hôtel pour nous emmener vers les plages d’Andilana, tout au nord de Nosy-Bé.
« -Cette plage n’appartient plus au propriétaire indien depuis l’année 2000, me confie Roger.
-Ah bon ! Mais il y avait un hôtel Holiday in 5 étoiles ici ? Lui ai-je alors demandé. C’était le plus luxueux hôtel dans les années 1980.
-Oui ! répondit-il. Il a fermé en 1997. Ensuite, ce fut un promoteur italien du nom de Rodolfo Valentini, qui avait ouvert ici un grand complexe touristique luxueux de 1997 à 2015, du nom de « Nosyitaliabé hôtel ». Il y avait des vols directs pour un week-end entre Milan, Florence, Rome et Nosy-Bé. Mais le promoteur a fait faillite à cause de la ré-volte des Malgaches qui s’est terminée en émeutes meurtrières en 2015. Il était aussi un membre de la mafia sicilienne. Financièrement déplumé, accusé de fraude et de corruption et aussi de proxé-nétisme, il est rentré chez lui, à Catanza-ro. L’Etat malgache a alors signé depuis 2020, un bail emphytéotique de 90 ans, avec quatre promoteurs associés : un Chinois, un Brésilien, un Sud-africain et un Indien. Ces actionnaires des puis-sances, à l’époque, émergentes, et domi-nantes aujourd’hui sur le marché mondial, ont saisi l’opportunité pour mettre en avant leur projet de développement touristique haut de gamme. Depuis 2020; ça marche très fort, me dit Roger ! L’hôtel a été baptisé « Asianlatinoafrican Paradise ». C’est une infrastructure haut de gamme équipée d’une piscine, de dix grands restaurants, des diverses activités annexes et surtout de 1000 chambres luxueuses ! Le monde a bien bougé durant cette première partie du XXIème siècle !
-C’est fou ! Interpellais-je Roger. C’est difficile de croire comment les puis-sances qui étaient au départ des pays sous-développés et souvent des ateliers des pays de la Triade dans les années 1950 à 1980, et qui ont connu une émer-gence économique et financière à partir de 1990, ont fini par connaître des fortes croissances depuis 2008. Aujourd’hui, tu vois, des pays comme la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud dominent l’économie mondiale alors que des pays comme les Etats-Unis et le Japon se sont affaiblis, appauvris brutalement. Leurs démographies sont en train de faire face au vieillissement et au manque d’innovation.
Ces pays ont stagné depuis la crise de 2008-2009 qui les a frappés de plein fouet… Les Etats-Unis à force de s’occuper des affaires des autres pays et d’aider les autres à s’émanciper, ont fini par oublier que les gens souffrent beau-coup dans leurs propres contrées. Ils auraient dû revenir à l’application de la doctrine du Président James Monroe, qui a été définie le 02 décembre 1823. Ils ont beaucoup souffert de catastrophes natu-relles et parallèlement, leur économie et leur société se sont avilies à cause des guerres civiles, des cataclysmes naturels et des interventions incessantes contre l’Afghanistan, contre Irak et la Corée, puis contre l’Iran, le Pakistan et enfin le Myanmar en faveur de la démocratie.
L’Europe des 29, quant à elle, (en comptant la Turquie et la Russie) à force de s’élargir vers l’Est, est victime de pau-périsation certes, et a réussi en revanche, à maintenir le cap grâce à ses dirigeants audacieux et à sa politique pluriculturelle de partage et de dialogue. Les Français grâce à leurs capacités d’innovation dans le domaine médical et leurs technologies de pointe - aidés des Allemands en aérospatiale et en électronique, et des Russes dans l’aéronautique, l’astronomie et le nucléaire - font avancer cette grande puissance en marche et toujours en cours de construction. La solidarité entre les peuples européens et leurs cultures communes et complémentaires, les a sauvés et leur a permis de réussir à af-fronter les grandes dépressions écono-miques et les révoltes sociales cycliques.
Le Japon voit, quant à lui, sa po-pulation vieillir et sa situation économique et financière se détériorer gravement. Les rares jeunes n’ont plus de repères du tout ! Ils ont perdu toutes leurs valeurs et le pays de la courbette est devenu le pays de l’impériale criminalité ! Pire, ce pays a le taux de délinquance des vieux le plus fort du monde et le taux de sui-cides et de dépressions mentales aussi qui ont atteint des apogées l’année der-nière ! Les nippons n’innovent plus ! Les autres l’appellent le « pays des nuits obs-cures »… et dire que c’était auparavant, « le pays du soleil levant ! » Le Japon a demandé en 2032, à intégrer l’Union Eu-ropéenne, mais cette requête n’a pas aboutie. C’est aujourd’hui, un pays isolé !
Le Moyen Orient, quant à lui, de-puis que l’OPEP n’existe plus à cause des tarissements successifs des réserves de pétrole et des mésententes entre les Etats des « pétrodollars », n’a plus de poids au niveau international. Sa politique touristique et immobilière de reconversion a aussi atteint son paroxysme en 2012, et s’est révélée par la suite, inefficace à cause de la chute brutale du cours de l’immobilier et de l’ouverture des autres complexes touristiques haut de gamme plus attractifs ailleurs, notamment dans l’Himalaya et la Cordillère des Andes. On peut aussi ajouter le développement et la démocratisation massive du tourisme spatial (au départ élitiste) et qui est au-jourd’hui bon marché, à bord d’un avion-fusée suborbital de l’ISAFC (International Space and Air Force Company) à desti-nation des complexes hôteliers flottants somptueux sur la Lune, sur Vénus et sur Mars.
Le monde n’est pas figé. Il est en perpétuelle évolution et je dirais même en pleine mutation. Les puissances qui do-minent par contre aujourd’hui d’une ma-nière stable, sur le marché mondial, sont le Brésil, l’Inde et la Chine sans oublier le Mexique et l’Afrique du Sud. C’est in-croyable ! Qui aurait dit que ces puis-sances connaîtraient un jour, des ascen-sions fulgurantes ? Qui aurait pu dire que ces pays seraient devenus les éminents créanciers de tous les pays du monde. Leurs diasporas déferlent sur tous les continents. Les immigrants s’adaptent à leurs nouveaux modes de vie. Ils fondent des familles ailleurs. Ils apportent leurs propres cultures, leurs langues, leur sa-voir-faire culinaire, leurs systèmes de valeurs et leurs modèles sociaux d’intégration à d’autres pays. Les voix de ces pays sont écoutées en matière de lutte contre le terrorisme, de sécurité ali-mentaire, de l’indépendance de chaque nation, de politique nucléaire et de déve-loppement écologique durable. L’ONU et l’OTAN n’existent plus ! Ces organismes qui étaient devenus obsolètes ont été remplacés en 2016, par le SUNLAT (So-lidarité Unilatérale entre Nations du Monde pour la Haute Lutte Anti-terroriste). Cet organisme est unique et chaque pays y est traité équitablement, de plus, il n’y a plus de droit de veto et il n’y a que le vote majoritaire qui compte. Cet organisme est chargé de promouvoir, de sécuriser la paix, de maintenir l’ordre en cas de guerre et surtout de lutter contre le grand banditisme, la haute dé-linquance urbaine, les mafias, les socié-tés secrètes dangereuses, les sectes religieuses et surtout les menaces terro-ristes internationales.
-Comme ce site au nord de Nosy-Bé ! me dit Roger. Ce sont les Brésiliens, les Indiens et les Chinois… ils sont par-tout ! Ils investissent, innovent et garan-tissent la sécurité et la survie alimentaire du monde qu’autrefois on appelait occi-dental. L’opposition Nord/Sud n’existe plus et les rapports et les sphères de puissances, voire les zones d’influence entre ce que l’on appelait couramment autrefois, les Centres et les Périphéries se sont curieusement inversés. Au-jourd’hui, il y a les Pays Dirigeants d’Asie et Périphériques Européens Agissants (PDAPEA) et les Nouveaux Centres Pauvres d’Occident et du Moyen Orient (NCPOMO). On peut ajouter, évidem-ment les Etats-Unis qui forment avec le Japon et l’Australie, le club des Anciens Pays de La Triade en Voie d’Introversion, (APTVI). Il n’y a que le continent euro-péen qui a survécu à ce que l’on appelait habituellement, l’ancienne Oligopole géo-graphique ou la Triade. Enfin, en marge de ces pays, il y a aussi les Pays Eternel-lement Dépendants et Instables (PEDI) comme les pays du Maghreb et d’Afrique noire, ainsi que quelques pays d’Amérique latine. Ils ont les plus faibles PNB et PIB au monde, mais en revanche, ils ont les plus grandes valeurs humaines.
- C’est tout à fait vrai ce que tu dis Roger, ajouta Vijay. Ces informations, je les avais déjà entendues sur l’ordinateur de bord, dans le cockpit de l’avion, que je pilotais en 2031 au cours d’un vol Rio de Janeiro-New-Delhi. Cet ordinateur enre-gistrait, dans un livre-journal numérique, une sorte de chronique évolutive de l’état du monde, et affichait quotidiennement la situation dans le monde, heure par heure. Tu as raison, le monde a bien changé et les pays qui dominent aujourd’hui, ne sont plus forcément les mêmes que dans les années 2009-2010. Il n’y a que quelques pays européens comme la Russie, l’Espagne, l’Italie, la Pologne, l’Allemagne ou la France, qui ont compris très tôt, qu’il fallait s’adapter hâtivement, à la cadence technologique internationale et à l’harmonie interculturelle mondiale. »
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romanautopsied'unemémoire
Invité
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Posté le: Sam 03 Avr 2010, 09:18 Sujet du message:
ecologie, environnement visions romanesques scénarios futuristes Description du sujet: extrait du roman "AUTOPSIE D'UNE MEMOIRE" monde 2043 |
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-Son apparition en 1066 est res-tée célèbre par l'interprétation qui en fut faite ultérieurement, rajouta Kareena ! : Ce fut un présage favorable pour le Nor-mand Guillaume, et signe néfaste pour le roi anglais Harold au moment de la ba-taille d'Hastings. La tapisserie de Bayeux authentifie du passage de la comète cette année-là.
-Eh bien ! Les enfants, je suis fier de vous ! Vous en connaissez des choses ! Ajoutais-je gaiement.
-Bon, on va y aller, dit Roger, nous devons passer à la plage d’Ambatoloaka, d’où vous devez prendre votre bateau, pour les excursions des îlots Nosy-Sakatia, Nosy-Komba, Nosy-Tanikely et surtout Nosy-Iranja…. Qu’il faut absolument aller voir…avant que la montée des eaux et les tsunamis ne les engloutissent !
-C’est vrai ! dit Eléonore, les îles paradisiaques de l’archipel des Maldives où nous nous sommes rendus en 2007, ont bien été submergées en 2020, par la montée des eaux, conséquence du ré-chauffement climatique et de l’effet de serre ! La pollution et les destructions deviennent universelles.
-Oui, les Seychelles et l’archipel de Tuvalu ont disparu également ! On dit de plus en plus que beaucoup de petites îles lointaines, dans la région du Paci-fique et celle des Caraïbes par exemple, qui sont si belles, risquent de disparaître similairement. Tous les pays, surtout litto-raux, sont touchés ! Tiens ! Par exemple, j’ai lu dans le quotidien numérique Midi Madagascar, ce matin, que le Bengla-desh, le Népal et le Sri-Lanka ont disparu avec la fonte des glaciers de l’Himalaya et les tsunamis, ajouta Roger. Toute sa population survivante va migrer mainte-nant vers d’autres pays. Il faut dire que les habitants de ces pays n’ont pas eu de chance. Pour le Bengladesh, par exemple, qui est pour moi, le cas le plus douloureux, la nature a pris sa revanche totale sur l’homme, continua-t-il. La défo-restation et la désertification ont fragilisé la terre et ont entraîné l’effritement et l’écoulement plus brutal des eaux. Les fortes pluies de mousson et la fonte des neiges ont provoqué en été la crue des fleuves comme le Brahmapoutre-Jamuna ou le Meghna. Les cyclones s’engouffrant dans le golfe du Bengale ont provoqué ainsi des tempêtes et la montée des eaux. Tout le Bengladesh et sa capitale Dacca étaient densément peuplés et se trouvaient dans la zone inondable et del-taïque. De même, les nouvelles îles for-mées par les sédiments, d’ailleurs eux-mêmes charriés par les fleuves qui des-cendaient de l’Himalaya, ont disparu.
-Oui, les causes à l’échelle mon-diale en sont nombreuses, Roger ! Conti-nue Eléonore. On peut rajouter les mas-sacres des forêts himalayennes, l’érosion qui entraîne le ruissellement, la dilatation de l’eau qui est elle-même liée au ré-chauffement climatique, l’augmentation de la température terrestre, la fonte des glaciers de l’Antarctique. A cette misère se sont ajoutées la médiocrité des com-munications et les difficultés d’acheminement des secours sans omettre les épidémies de choléra, de dysenterie, du SIDA, du paludisme, de tuberculose et surtout l’arsenicisme. Le sort s’est vraiment acharné contre ces personnes-là, termina-t-elle. Quelle mi-sère !
-Nosy-Bé et ses îlots sont relati-vement à l’abri des inondations en l’occurrence ! fit remarquer Kareena. Ils sont encore protégés par la côte est afri-caine et Madagascar, compte tenu de leur situation géographique dans le canal du Mozambique.
-Mais dites-moi un peu pour éclai-rer ma lanterne, reprit Vijay. Qu’est ce que c’est l’arsenicisme ? Je me trompe où ce mot a quelque chose à avoir avec l’arsenic ? Excusez-moi de mon igno-rance. Je voulais juste en savoir davan-tage, car le premier pas vers la connais-sance est la prise de conscience de son ignorance, n’est-ce pas ? C’est papa qui nous l’avait toujours dit et répété depuis qu’on était encore petit.
-Oui ! C’est ça même mon ami Vi-jay, précisa Roger. Ton fils Vijay est cu-rieux comme toi Amith ! Me lança-t-il en me donnant une tape amicale dans le dos. En fait, pour apporter un peu plus d’explication, l'arsenicisme est causé par l'arsenic chimique. L'arsenic est un élé-ment toxique qui n'a pas d'effet bénéfique apparent pour la santé de l'homme. Les sels d'arsenic naturels sont présents dans toutes les eaux mais généralement à des concentrations très faibles uniquement. La plupart des eaux dans le monde ont des concentrations d'arsenic naturel de moins de 0,01 mg/litre. La contamination par l'arsenic naturel était une cause de préoccupation dans de nombreux pays du monde, notamment en Argentine, au Bengladesh, au Chili, en Chine, en Inde, au Mexique, en Thaïlande et aux Etats-Unis d'Amérique. L'arsenicisme est l'effet de l'intoxication par l'arsenic généralement sur une longue période pouvant aller de 5 à 20 ans. Des études de cas sur la situation dans divers pays ont été compilées en 2020 et le problème de l'arsenic au Bengladesh notamment a entraîné la mise en place d'une surveillance plus intense dans de nombreux pays. Au Bengladesh, il a été montré que 91% des puits tubulaires peu profonds avaient une forte concentration d'arsenic (supérieure à 0,15 mg/l). On estime que 150 millions de la population totale du Bengladesh qui s’élevait à 500 millions étaient exposés à une eau de boisson contaminée. La consommation d'eau riche en arsenic sur une longue période entraîne divers effets sur la santé, y compris des problèmes de peau (tels que dépigmentation de la peau, et plaques rugueuses sur la paume des mains et la plante des pieds), le cancer de la peau, de la vessie, des reins et des poumons, et des maladies des vaisseaux sanguins des jambes et des pieds, et peut-être également le diabète, une hypertension artérielle et des troubles de la reproduction.»
Nous continuâmes notre périple. Nous avons donc loué un catamaran qui nous a emmenés vers ces îlots satellites magnifiques de l’île de Nosy-Bé. Nous avons exploré Nosy-Komba, où on a pu visiter une réserve de lémuriens, Nosy-Tanikely, où un phare de 1908, totale-ment en ruine, est bercé par la force des vagues…Les plus beaux îlots sont les frères Iranja et Tsarabajina. Nosy-Iranja est en fait constitué de deux îlots offrant un contraste flagrant, typique des es-paces des pays sous-développés. Sur l’un des îlots, nous pouvons voir à l’intérieur d’une forêt de mangroves, un village typiquement africain et sur l’autre îlot, un hôtel cinq étoiles, un des plus chers de Madagascar. Un filet de sable blanc de deux kilomètres environ, relie ces deux îlots à la manière du cordon ombilical reliant l’enfant à sa mère. Et à marée basse, nous pouvons traverser en attendant que les vagues de chaque côté du filet se rejoignent au fur et à mesure, pour donner à la mer toute sa force et son unité, en plein canal du Mozambique. Lors d’une plongée, nous avons pu ob-server des choses magnifiques. Ce sont des paysages majestueux, où toutes les couleurs vives - dans le silence des pois-sons et la marche des langoustes - se sont donné rendez-vous comme sur une toile des peintres de la Renaissance. La vie et le silence sous la mer contrastent avec le bruit des oiseaux multicolores sur les arbres et le brouhaha des klaxons et les cris des vendeurs à la sauvette que l’on rencontre dès l’aube, dans les rues et les dédales de Hell-Ville…
En voyant la mer montée majes-tueusement en faisant disparaître la langue de sable blanc, je me suis rappelé aussi d’autres endroits dans le monde où la force de la mer fascine, intrigue et at-tire. Le détroit de Gibraltar où la mer Mé-diterranée rejoint l’Atlantique, le Cap de Bonne Espérance qui fait la jonction entre l’océan Atlantique et l’océan Indien, sans oublier le détroit de Magellan où l’Atlantique rejoint le grand océan Paci-fique. A ces endroits, la nature et la force de la mer nous montrent combien la na-ture est puissante, combien elle est para-doxalement destructrice et séduisante.
Quelques jours plus tard, Vijay me fit la remarque que notre séjour touchait qua-siment à sa fin.
« -Quel séjour sensationnel ! me dit-il. C’était émouvant et magnifique et nous avons appris pleins de choses sur notre Histoire.
-C’est fabuleux, merveilleux et presque magique et légendaire ! Ajouta Kareena. On saura quoi raconter à nos enfants lors des soirées, pendant les-quelles nous leurs lirons les contes et les légendes…
-Cette véritable histoire est roma-nesque et mythique, digne d’un livre Amith, dirent en chœur Eléonore et les enfants ! Tu devrais l’écrire en utilisant une fiction historique autobiographique !
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romanautopsied'unemémoire
Invité
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Posté le: Sam 03 Avr 2010, 09:23 Sujet du message:
visions romanesques du monde futur "extrait du roman Description du sujet: la définition de la science s'élargit d'ici 2043... |
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CATEGORIE ROMAN AUTOBIOGRAPHIQUE INSULAIRE :
AUTOPSIE D’UNE MÉMOIRE A CONTRE COURANT :
Résumé du Roman :
Nous sommes en mars 2043. L’incipit et les premières pages du roman laissent penser qu’il s’agirait d’un roman de science-fiction, d’anticipation ou d’une pièce de théâtre. Mais, très vite le narrateur déroute le lecteur pour le mener virtuellement vers les rails de son passé, ce qui donne au roman, un timbre de parcours initiatique, une ampleur historique et surtout une sonorité et une valeur autobiographique.
Nous sommes en mars 2043.
Amith Khan est un jeune retraité de la fonction publique. Il vient d’avoir 67 ans. Il a voyagé partout dans le monde. Toutefois, un endroit a été omis volontairement. Mais un jour, le voile est levé. Ses enfants lui offrent un séjour complet de trois semaines, pour partir à destination de l’île de Nosy-Bé - espace insulaire, qu’il n’a pas revu depuis ses 18 ans - où il a passé les premières années de sa vie. Il rencontre là-bas, son ami d’enfance, Roger qui est devenu entre temps un taxi-man…
Un demi-siècle s'est écoulé entre son enfance et sa retraite.
Que lui réserve ce voyage hors du commun à travers les couloirs du temps ? D'aventures en aventures, comment va t-il parcourir ce chemin du retour aux sources ? Quel bilan fait-il de son itinéraire terrestre ? Quelles valeurs l’ont guidé tout au long de sa Vie ?
VERSION PAPIER et NUMERIQUE DISPONIBLE CHEZ
LA MAISON D’EDITION thebookedition.com :
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Nous sommes le 15 avril 2043. Vi-jay et Kareena viennent de m’apprendre, à ma grande surprise qu’ils ont repoussé - grâce au système de Communication Télépathique et du Pouvoir réellement confirmé du Subconscient (la CTPS), mis en place en 2040, par la société indienne de Jamnagar, sous les directions des chercheurs de renommée mondiale comme Sulmandjee Djivadjee, Issoufaly Abdoulhoussen et Adamjee Sam Nagaria- la date de notre départ de quelques jours encore…
C’est vrai que la télépathie n'est plus aujourd’hui en 2043, à démontrer : elle est devenue un fait, même si elle demande un effort de concentration et n’est pas encore à la portée de tous les cerveaux. Par contre, toutes les grandes boîtes ont offert des formations à leurs employés sur ce nouveau moyen de communication à distance. La télépathie demande un quotient extrasensoriel, ou QX, soit la sensibilité d'un sujet à la transmission télépathique assez élevée. Les chercheurs indiens ont réussi donc, à concrétiser les travaux intitulés Télépa-thie : L'ultime communication de Danielle Fecteau. Cette dernière - alors titulaire d'un doctorat de psychologie de l'université de Montréal et passionnée de parapsychologie - a été psychologue, hypno-thérapeute et conseillère auprès des médias dans les années 2005. A l’époque, croupi sous le poids de la bêtise, et abasourdi par le poids de certaines sectes dangereuses et de l’embrigadement religieux, le monde n’était pas encore prêt à accepter ses idées scientifiquement révolutionnaires, ainsi que celles d’Anthony Robbins et du Docteur Murphy sur « le pouvoir illimité » et « le pouvoir du subconscient». Leurs écrits, étaient alors sujets à des controverses violentes et à des polémiques ridicules sans fin, entre d’un côté, les religieux fanatiques et intégristes aveugles, adeptes de l’absurdité, porteurs d’œillères et protecteurs de l’obscurantisme, et de l’autre côté, les spirituels laïcs, adeptes du progrès de l’Humanité, de l’ouverture d’esprits et de l’évolution des consciences.
Heureusement, que quelques dé-cennies plus tard, les chercheurs indiens et français ont développé et complété les travaux conjointement, à partir de 2039 et la communication sans fil se généralise progressivement, à mon sens plus rapi-dement qu’on ne le pense, et annonce la fin des téléphones portables d’ici 2100, d’après la présidente de la démocratie européenne Colombe-Couelle Cassandre Perséphone. De la communication vir-tuelle, le monde est en train de passer à la communication invisible, intuitive et silencieuse. Les limites déjà bien minces, du normal et du paranormal s’estomperont bientôt. Le monde évolue à une vitesse exponentielle. Des travaux sérieux et des preuves concrètes sur l’existence d’un monde parallèle ont aussi fait évoluer la science, et ont confirmé davantage l’érudition et la croyance en l’Homme. Cela m’enchante de voir que la croyance en l’Humanité et en une spiri-tualité purement laïque et non-religieuse puisse gagner enfin du terrain. La trans-mission de la spiritualité n’est plus le mo-nopole des religions. La laïcité gagne aussi du terrain. Cela est encourageant. Il y a une réelle Révolution des Cons-ciences qui est en cours, progressive-ment sur tous les continents, grâce à la circulation des idées humanistes, de l’érudition via Internet, et des différentes actions, lors des tables rondes et des rencontres au sommet entre des hommes d’Etats européens et asiatiques de bonnes volontés, réfléchis, ouverts aux dialogues interculturels. Les Sciences occultes, ces doctrines et pratiques autre-fois, secrètes et hermétiques faisant in-tervenir des forces qui n’étaient recon-nues ni par la science ni par la religion, et qui requéraient également une initiation - comme l’alchimie, l’astrologie, la carto-mancie, la chiromancie, la divination, la magie, la nécromancie, la métaphysique, la radiesthésie - font aujourd’hui partie intégrante de l’évolution et du progrès des Consciences que connaît l’Humanité. Certaines croyances religieuses ont as-similé l’occultisme et l’ésotérisme. La définition de la Science s’est considéra-blement amplifiée, car ces pratiques ont été acceptées et sont devenues fluides à la compréhension, à travers l’existence de preuves concrètes.
Le monde évolue, il n’est pas figé. C’est cela qui me réconforte…L’Humanité progresse.
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