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Posté le: Mar 27 Nov 2007, 11:21 Sujet du message:
Elisée Reclus, géographe anarchiste Description du sujet: Le géographe qui n'aimait pas les cartes |
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Elisée Reclus, le géographe qui n'aimait pas les cartes
par Federico Ferretti
Elisée Reclus (1830-1905), un des fondateurs de la géographie moderne, connaît depuis quelques années un regain d'intérêt. On redécouvre la pertinence de son approche et de ses analyses sur des sujets brûlants d'actualité : justice sociale, conflits, migrations, métissage... A la différence de nombre de ses collègues de l'époque, qui pratiquent une géographie « énumérative » fort ennuyeuse, Reclus développe dans son oeuvre monumentale, [1], une analyse globale décryptant les dynamiques et les interactions.
Il est très critique envers la cartographie. Comme son maître Carl Ritter (1779-1859), il dénonce les insuffisances de la carte topographique, produite d'abord pour les militaires et qui passe sous silence toutes les informations sur les sociétés humaines, leur histoire et la manière dont elles organisent les territoires sur lesquels elles vivent. Aussi s'élevait-il contre l'usage, à l'école, des cartes murales « planes », qu'il considérait comme de fausses représentations du monde (il militait même pour leur complète interdiction !). La carte, expliquait-il, ne donne aucune idée de la véritable géographie « à trois dimensions » selon lui fondamentale pour comprendre les dynamiques sociales et spatiales. Il encourageait en revanche, sur le modèle des écoles libertaires dont il était un promoteur actif, l'observation directe de la nature.
Toutefois, Reclus et ses collaborateurs, en particulier Charles Perron (1837-1909), assortissent l'oeuvre du géographe anarchiste d'un immense corpus de cartes et de dessins (une dizaine de milliers). Ce ne sont pas des cartes topographiques, mais bien des cartes « thématiques » au sens moderne du terme - des cartes historiques, statistiques, démographiques, ethnographiques, et même des cartes qui ressemblent à s'y méprendre à des documents « géopolitiques », bien que le terme n'existe pas encore en cette fin de XIXe siècle.
Notes
[1] Nouvelle Géographie universelle, la terre et les hommes, Hachette, 19 tomes, Paris, publiée entre entre 1876 et 1894
[2] « humboldtien » en ce qu'il reproduit cette association de l'aventure et de la découverte scientifique propre au récit du célèbre voyage accompli dans la zone des tropiques d'amérique par Alexander von Humboldt (naturaliste et explorateur allemand, 1769-1859) au début du XIXe siècle et qui lui avait permis de gagner l'intérêt de l'europe pour le nouveau savoir géographique, fondé sur la mesure et l'observation rigoureuse.
_________________ " Ce qui nous intéresse ce n'est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience. "
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